21/05 Manifestation : Nhar 3la 3ammar

Mise à jour : la manifestation du 22 mai a été annulée.

Un rendez-vous historique pour le net tunisien. A ne pas manquer :
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manifestation 22 mai
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09/05 Musique tunisienne à Montréal

Deux shows seront présentés à Montréal en ce mois de Mai. À ne pas rater. D'abord Neyssatou le 13 Mai, puis BendirMan le 27 Mai.

Neyssatou au Club Lambi, le 13 mai 2010 à 21h30. Prix : 10$.

Venant directement de la scène alternative tunisienne Badiâa Bouhrizi aka Neyssatou a passé les dernières années à chanter avec une longue liste de musiciens aussi trippant les uns que les autres à travers l'Angleterre, la France, le Maroc et la Tunisie. Elle chante la vie aussi belle ou injuste qu'elle soit. Sa musique se balance entre le jazz, la soul, le reggae et le folk berbère.

Neyssatou, accompagnée de Karim Ouellet à la guitare, Thomas Gagnon-Coupal à la base et Heythem Abidbox aux percussions, se produit le jeudi 13 mai 2010 à 21h30 au Club Lambi. Avec une aussi belle rencontre, de la pure vibe de qualité supérieur est garantie...

Le prix d'entrée est de 10$. Pour plus d'informations contactez nous au info@tunizika.com
[La page Facebook du spectacle]

BendirMan au Cabaret du Mile-End, le 27 Mai 2010.

Un héros en chair et en os ! On en a toujours rêvé … BendirMan, le héros de tous les rêves, le super héros de tous les pouvoirs... qui n'en a aucun, arrive à dos d’âne au Canada pour vous réaliser ce rêve aussi..... le rêve de ne rien faire …

Entre le mariage de Hbiba, la nouvelle tournée raflesque, le temps d’un concert, le super-héros prête ses pouvoirs et ses mélodies à Montréal , pour un concert le 27 mai 2010.
[La page Facebook du spectacle]

03/05 La censure nuit à l'image de notre pays - Lettre ouverte au Président de la République

Ce qui suit trouve son origine dans une action collective de plusieurs blogueurs tunisiens. L'objectif de cette action est de promouvoir un Internet ouvert non censuré en Tunisie suite au blocage la semaine dernière de plusieurs blogs (dont celui-ci, censuré le 29 avril dernier) et de sites web. Plusieurs autres actions citoyennes et spontanées sont en cours, notamment Sayeb Salah.

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Monsieur le Président de la République,

Par la présente, nous avons l'honneur d'attirer votre attention sur un sujet qui préoccupe un grand nombre de tunisiens.

Depuis son indépendance l'État tunisien a toujours été porteur de progrès par ses politiques en faveur de l'éducation et la formation, par l'incitation ou encore par l'exemplarité. Le domaine de l'Internet n'a pas dérogé à la règle et depuis 1996, l'État tunisien, sous votre Présidence, a développé une politique volontariste de diffusion de l'outil Internet. La création d'une administration de d'Internet et la mise en place de mesures nécessaires ont porté leurs fruits.

En effet, les internautes tunisiens ont été des pionniers dans l'utilisation de cet outil dans différents domaines. Aujourd'hui, ils sont des centaines de milliers à en faire un usage quotidien. Or, les tunisiens sont confrontés de plus en plus à des mesures restrictives, manifestement illégales, de la part des administrations responsables du réseau national. Ces mesures privent les tunisiens d'un espace indispensable à leur épanouissement social, culturel, professionnel, paralysant ainsi l'évolution de notre pays.

Alors que l'année 2010 a été, à votre initiative, déclarée année internationale de la jeunesse, par l'Assemblée Générale des Nations Unies, une partie de la jeunesse tunisienne est aujourd'hui frustrée de ne pas pouvoir accéder à leurs sites Internet favoris. Certains internautes tunisiens qui ont fait le choix de participer au débat public, ont vu leurs espaces personnels d'expression censurés en Tunisie.

Après la multiplication inquiétante de ces décisions arbitraires, et au-delà du tort considérable qu'elle inflige à l'image de notre pays et à sa marche vers le progrès, nous souhaiterions que vous réagissiez face à cette situation; de sorte à ce qu'il n'y ait plus de sites bloqués d'une manière illégale ne reposant sur aucune décision de justice et en totale contradiction avec l'article 8 de la Constitution de notre pays et l'article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.

Monsieur le Président de la République, vous avez déjà par le passé décidé la réouverture du site communautaire Facebook après son blocage. Nous vous appelons aujourd'hui à intervenir pour rendre accessible à nouveau les sites illégalement censurés.

Nous vous appelons également à exiger des responsables de l'administration d'Internet de cesser ces pratiques illégales qui paraissent aux yeux des tunisiens, aussi aléatoires qu'incompréhensibles.

Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président de la République, l'assurance de notre parfaite considération.
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04/03 Il faut inerdire la burqa et le niqab

Oui. Il faut interdire la burqa, le niqab, et tous les subterfuges artificieux qui font de la Femme un être inférieur qu'on a honte de montrer. Montrer son visage est un droit mais aussi un devoir dans notre société moderne basée sur l'égalité et la confiance implicite qu'on se partage. Je ne peux pas te faire confiance si je ne te vois pas, je ne peux pas communiquer avec toi, tu n'existes pas.

Moi, Naema, la jeune égyptienne bien instruite parait-il, elle me fait pitié, rien d'autre. Pitié de par son ignorance et son entêtement, victime qu'elle est d'une idéologie imposée par une société rétrograde qu'elle a pourtant quittée. Ces mêmes sociétés où les femmes se battent et meurent pour des droits aussi simples que de conduire une voiture... Qu'elle se flagelle, martyre de son propre supplice, je n'ai que pitié pour elle.

Arrêtons la mascarade. Ne tolérons plus au Québec les visages cachés dans les écoles et partout où l'usage demande de voir plus que des yeux à travers une mince fente noire. Soyons clairs, moi qui suis pour l'intégration de tous les immigrants par tous les moyens possibles, je vous dis, celles qui portent le niqab ne s'intégreront jamais, parce que par définition se cacher c'est refuser d'être avec les autres.

[précision] Suite à une remarque de Reda, je tiens à préciser que le titre de ce billet est peut-être mal choisi et ne reflète pas avec précision mon opinion. En effet, je ne suis pas pour l'interdiction du niqab dans l'espace public comme c'est le cas en France, mais seulement là où il y a besoin de communication et d'interaction avec la personne voilée, comme dans les écoles ou les administration [/précision]

16/02 Loi de Godwin, variation arabe

Loi de Godwin :

Plus une discussion sur Usenet dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Hitler s'approche de 1

Celui qui connait assez bien le monde virtuel arabe sait que cette loi n'est pas universelle, et que la variante régionale s'écrit comme suit :

Plus une discussion sur Usenet dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison impliquant Israël et le Sionisme s'approche de 1

08/02 À propos de la justification de la censure des blogs en Tunisie

On ne s'en étonne plus, l'ATI (Agence Tunisienne de l'Internet) continue régulièrement de bloquer l'accès aux blogs tunisiens, dernier et non des moindres est le blog du Professeur Tarek Kahlaoui, un de mes blogs tunisiens préférés. Préféré parce qu'il me stimule intellectuellement, je suis souvent en désaccord avec ses idées, mais sa lecture me pousse souvent à la réflexion, et c'est justement ce que je cherche sur la blogosphère.

Je disais donc qu'on ne s'étonne plus de l'arbitraire du blocage de certains blogs. On vit avec ce fléau depuis la naissance de l'Internet en Tunisie, et les tunisiens ont appris à contourner la censure du Web par différents moyens... Par contre, ce qui continue à m'étonner grandement, c'est la réaction de certains, blogueurs entre autres, qui trouvent acceptable sinon souhaitable la censure des blogs et du Web en général. Ça me dépasse. Je ne comprends pas. Ce n'est pas faute d'avoir essayé de décortiquer leur raisonnement, rien à faire, leur logique m'échappe complètement.

Je veux dire, comment on peut se prétendre démocrate et libéral tout en se réjouissant et approuvant la censure de l'opinion qui nous dérange ? D'autant plus qu'il s'agit de l'opinion d'un intellectuel de haute voltige. Qu'on soit d'accord ou pas, on doit avoir l'honnêteté intellectuelle de reconnaitre la qualité, et l'honnêteté morale de défendre la liberté, toute la liberté, et non pas seulement celle qui nous arrange.

C'est un principe universel, faut-il le répéter ? La liberté d'expression est une, elle ne souffre pas la demi-mesure. On est soit pour la liberté de chacun de s'exprimer, soit contre. On ne peut être dans le flou quand il s'agit de principes fondamentaux, dans le oui-mais, ça ne marche pas comme ça.

C'est en usant de rhétorique que certains justifient l'injustifiable. Ainsi, par exemple, j'ai lu quelqu'un dire que le blog de Tarek "contient des insultes", ce qui implicitement justifierait son blocage en Tunisie, pays qui n'accepte aucune dérogation à la bonne tenue virtuelle semble t il ! Foutaises, évidemment. RIEN ne justifie la censure de la parole et de l'opinion. Point.

Tiens en parlant d'insultes, j'avais expliqué quelque part comment se définit l'insulte pour moi :

Pour moi, dire que quelqu'un est stupide, ou con, ou ne sait pas de quoi il parle, ou qu'il n'a pas d'expérience, ou qu'il dit des conneries, ou qu'il se trompe, ou qu'il ses idées puent, etc. tout ça ne rentre pas dans la catégorie "insultes", mais plutôt dans le "jugement de valeur" ou dans la "vulgarité". Grande nuance.

Insulter quelqu'un c'est le traiter par exemple de sale arabe, ou sale pédé, ou de gros tas de merde qui pue, etc.

27/12 Du RCD et de la Tunisie

Suite à l'article du blog Penser et Agrir : En Tunisie, le RCD est plus représentatif de la démocratie que la "blogosphère" : Démonstration aux sceptiques, et à la réaction de Mani L'Africain : Politique en Tunisie, parlons-en (partie 1/3), j'aimerais ajouter mon grain de sel au débat qui s'amorce autour du rôle et l'importance du parti au pouvoir en Tunisie, le RCD, vis-à-vis la blogosphère tunisienne. Une blogosphère qui essaye d'apprendre à dialoguer avec une tendance longtemps absente du cercle des blogs tunisiens : les blogs politiques du parti au pouvoir.

L'article du blog Penser et Agir, sus-mentionné, est intéressant parce qu'il est le reflet du discours et de la ligne du Parti concernant la légitimation de l'hégémonie sociale et politique du RCD. Une légitimité d'abord historique comme le résume l'article (rectifié par Mani) que personne ne nie il me semble. Le Néo Destour, puis le PSD ont joué un rôle primordial au sein du mouvement national pré-indépendance, puis pour bâtir un pays indépendant moderne et progressiste. Même si, comme le souligne Mani, la Tunisie indépendante on la doit à tous les tunisiens qui ont participé à sa construction indépendamment de leurs appartenances politiques, il n'en reste pas moins que le PSD y a joué un rôle central et prépondérant.

Ceci dit, j'ajouterais qu'il y a une grande partie de l'histoire de la Tunisie entre 1956 et 1987 qui est souvent occultée du discours du Parti, et qui représente pourtant une face sombre du PSD de l'époque. En vrac :

- L'assassinant de Ben Youssef. Lire le livre de Omar khélifi.

- La sécession et la création du MDS.

- La fraude électorale massive de 1981.

- La crise de 1978 : Le jeudi noir.

- Les émeutes du pain. Voir vidéo du journal d'Antenne 2 le 3 janvier 1984.

- L'expérience collectiviste.

Ceci pour dire que historiquement, personne ne nie que le PSD a joué un rôle important dans la construction du pays après l'indépendance, mais il faut aussi reconnaitre qu'il a fait plusieurs erreurs, certaines très graves, et s'est trompé à plusieurs reprises (ce qui est normal pour tout parti politique au pouvoir depuis des dizaines d'années). Ces erreurs auraient été lourdement sanctionnées par le peuple si on était dans une vraie démocratie. D'ailleurs on sait aujourd'hui que les première élections législatives pluralistes du pays, celle de 1981, avaient été un coup dur pour le PSD qui aurait perdu selon plusieurs témoignages la circonscription de Tunis 2, ce qui a obligé les hautes instances du pouvoir de l'époque à recourir à une fraude massive en leur faveur... (À mon sens, on avait raté une rare occasion en 1981 de bâtir une vraie démocratie au pays).

Personnellement, je n'ai pas de problèmes avec le RCD comme parti politique. Je crois fortement en son importance politique et sociale, et je ne désire nullement sa disparition ou sa division comme le souhaitent certains. Ce qui m'importe c'est que le RCD devienne justement un parti comme les autres, et non comme il l'est aujourd'hui : un parti surhumain, au delà de l'erreur et incapable d'admettre qu'il puisse se tromper et d'être jugé et jaugé par le peuple dans un environnement de compétition politique sain et équitable. C'est ça le véritable nerf de la guerre : dans un scrutin proportionnel, ou mixte du moins, avec une vraie liberté de presse, un conseil constitutionnel vraiment indépendant et aux pouvoirs élargies, et une justice réellement indépendante, je crois qu'un parti comme le RCD n'aurait pas le choix que d'évoluer, et je reste convaincu qu'un jour pas lointain on le verrait basculer dans l'opposition.

21/12 Étude du Web dissident tunisien

Dans son dernier numéro le journal Tic et société vient de publier un papier fort intéressant intitulé Internet et la reconfiguration de l’espace public tunisien : le rôle de la diaspora.

L'étude retrace la petite histoire de ce qu'on a communément appelé la cyberdissidence tunisienne, depuis la naissance en 1998 de la bombe qu'était Takriz.com (qui est en train de renaitre de ses cendres : une nouvelle version sera en ligne le 25 décembre selon @Takriz) jusqu'aux actions collectives sur les blogs et Facebook. Même si l'auteur n'a pas regardé du côté de Twitter qui devient le canal primaire de la communication cyberdissidente, il n'en reste pas moins que cette étude constitue une extraordinaire analyse et une synthèse assez fidèle de la réalité du web citoyen tunisien.

Un article qui m'a touché aussi parce qu'il m'a fait remémorer plusieurs souvenirs et anecdotes d'un passé pas si lointain. Takriz.com, Tunezine, RT, Tunisnews, etc. Ma découverte de l'autre Tunisie via Internet, puis mon implication dans certains débats sur ces mêmes sites et forums, mon apprentissage des bases de la communication au sein des communautés virtuelles, les e-mails de menaces et d'intimidation que j'ai reçu, mes peurs et mes craintes, ma participation à l'émergence douloureuse de la blogosphère tunisienne, etc. Une expérience fort enrichissante en somme.

Bravo donc Romain Lecomte pour cet excellent travail.
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17/11 Développement, libertés et corruption

Je regarde la carte du 2009 Global Corruption Perception Index via Tarek, et je ne peux m'empêcher de penser à la corrélation qui me parait évidente entre les niveaux de liberté de presse et indépendance de la justice d'une part et cet indice de perception de la corruption de la population, et leurs inévitable influence sur le niveau de développement humain des pays.

Bien sûr, je ne peux scientifiquement valider mon hypothèse, mais il n'est pas difficile de trouver plusieurs études qui la confirment :

Corruption is a symptom of deep institutional weaknesses and leads to inefficient economic, social, and political outcomes. It reduces economic growth, retards long-term foreign and domestic investments, enhances inflation, depreciates national currency, reduces expenditures for education and health, increases military expenditures, misallocates talent to rent-seeking activities, pushes firms underground, distorts markets and the allocation of resources, increases income inequality and poverty, reduces tax revenue, increases child and infant mortality rates, distorts the fundamental role of the government (on enforcement of contracts and protection of property rights), and undermines the legitimacy of government and of the market economy. [AllBusiness.com]

While corruption may have little average effect on the growth rate of GDP per capita, it is a likely source of unsustainable development. [Corruption, institutions, and economic development. By Toke S. Aidt. In Oxford Review of Economic Policy 2009 25(2)]

The empirical investigation carried out in this paper shows that democracy and press freedom can have significant impact on corruption. Though corruption may persist in the short- to medium-run, an increase in voters' participation and press freedom can reduce corruption. [Do Democracy And Press Freedom Reduce Corruption? Evidence From A Cross Country Study]

Pour moi, il est évident que la corruption sous toutes ses formes, du la plus petite échelle jusqu'aux plus hautes sphères économiques et politiques constitue un obstacle majeur au développement général d'une société qui en souffre. Or, le meilleur moyen de lutter contre la corruption reste de la dénoncer, et de pouvoir punir et montrer en exemple les coupables, à tous les niveaux, sans impunité aucune. D'où le rôle de la presse indépendante, du journalisme d'enquête, et d'un système de justice indépendant et fort. Le problème reste que les plus grands bénéficiaires d'un système où sévit la corruption sont eux mêmes les décideurs et responsables qui n'ont pas d'intérêts dans la lutte contre ce fléau. D'où ce cercle vicieux qu'on retrouve dans plusieurs pays : la corruption engendre la corruption jusqu'à qu'elle se transforme en système, et devienne pratique courante et normale, voire même adoptée et acceptée par tous.

Au fait, il suffit de jeter un coup d'œil sur les trois cartes suivantes pour avoir une idée sur la relation entre liberté de presse, corruption et développement humain. On ne peut s'empêcher de constater que les pays les plus développées semblent les moins souffrir de la corruption et avoir une assez bonne note en terme de liberté de presse et d'expression :

Liberté de la presse :

Liberté de la presse dans le Monde 2009
RSF.org


Corruption :

Corruption Index 2009
Transparency.org


Développement humain :

Human Development Index 2009
Wikipedia

06/11 Fatma Riahi, courage !

Je suis triste de mon pays. Triste de savoir Fatma Riahi, alias Arabicca, incarcérée pour crime d'opinion. Tiens, on dit qu'on ne sait même pas exactement pourquoi elle s'est retrouvée en prison. On la poursuit pour diffamation dit-on, diffamation de qui, de quoi ? Et si diffamation il y a, ne devrait il pas y avoir plaignant qui se serait plain à la justice ? Pas de plainte, pas de procès, n'est-ce pas ? Mais bon, ceci n'a malheureusement pas d'importance. Ce qui compte c'est le bouc émissaire, l'exemple à nous montrer : voici ce qui vous attend si vous parlez trop, ou bloguez autrement que dans les limites des lignes rouges qui ne cessent de rétrécir notre droit à l'idée et à l'opinion.

Fatma n'est certes pas à son premier combat. Depuis qu'elle blogue qu'elle subit les attaques des énergumènes de la blogosphère tunisienne. Elle m'a fait part de son désarroi il n'y a pas si longtemps. Je me demande si je n'aurais pas dû lui conseiller d'arrêter de bloguer alors, même si je sais qu'elle n'aurait certainement pas suivi mon conseil ! Elle m'avait dit :

مانيش باش نسلّم

"Je ne lâcherais pas". Parce que ce n'est pas une lâcheuse. C'est ce courage et cette force de caractère qui nous a fait aimer et admirer ses écrits. Mais être une femme audacieuse au pays du jasmin est une étiquette dangereuse. Elle a été attaquée, menacée, traitée de tous les noms, souillée jusqu'à dans sa vie privée... Ne l'oublions pas. Mais comme elle ne lâchait pas, parce que ce n'est pas une lâcheuse, on lui a fabriqué un crime d'opinion, un coup monté de toutes pièces, puis on l'a dénoncée à une police prête à avaler n'importe quoi (c'est ma théorie, et ça n'engage que moi).

Mais ils n'ont pas gagné. Ils ne gagneront pas.

Courage Fatma, ne lâche pas.

Groupe de soutien Facebook.

Mise à jour : Fatma vient d'être libérée (samedi, 7 novembre) par la brigade criminelle de Tunis. On ne sait pas encore dans quelles conditions.

21/10 Le programme du Parti de l'Unité Populaire

Amusant ce programme du Parti de l'Unité Populaire tunisien (PDF en Arabe, 13 Megs). Ce parti est resté coincé dans les années 60, trainant l'héritage de Ahmed Ben Salah (initiateur du mouvement dans les années 70) et appelant entre autres à la restauration des coopératives agricoles, la re-nationalisation des industries, et une augmentation de la taille de l'État, etc. Un parti qui veut lutter contre le chômage chronique de la Tunisie en durcissant les lois sur les licenciements, et en limitant les permis d'implantation d'industries à capital étranger. Faudrait leur donner des cours d'économie ces gens là.

Mais le plus drôle, franchement, c'est la partie du document qui traite de la politique étrangère de la Tunisie. Voici un extrait :

Programme du PUP

En gros, on veut supporter le régime cubain, et se lier d'amitié avec celui de la Corée du Nord face au grand méchant loup Américain. Je crois entendre Kadhafi !

Le pire est que ce parti risque fort bien de rafler la première place de l'opposition au MDS au sein de la chambre des députés :

En 2004 nous avons obtenu près de 4% des voix et nous aspirons réaliser pour cette élection un résultat à deux chiffres. [Le Temps]

22/09 Comment externaliser les problèmes environnementaux

En lisant cet article (en arabe) annonçant l'appel d'offre pour la construction d'une centrale électrique au Gaz ou au charbon au nord de la Tunisie, ainsi que le raccordement de cette centrale au réseau européen via l'Italie : 200 km d'interconnexion sous-marine. Ce projet fait partie d'un méga-projet d'interconnexion des deux rives de la méditerranée :

L'interconnexion sous-marine fait partie d'un projet méditerranéen visant la création d'une plate-forme intégrée pour l'échange international de l'électricité avec les pays voisins sud méditerranéens, ainsi qu'avec les pays d'Europe via l'Italie. [Investir-en-tunisie.net]

Ce qui me fait me poser la question : pourquoi est-ce que l'Italie ne construit pas une pareille centrale sur ses propres côtes ? Cela couterait certainement beaucoup moins cher, et l'Italie économiserais en plus la redevance qu'elle payerait à son partenaire tunisien !

Évidemment, la réponse se trouve au niveau des règlementations et normes environnementales européennes. L'objectif de ce genre de "partenariat" n'est autre que l'externalisation de la rive nord vers la rive sud des coûts environnementaux de la production d'énergie. C'est de la pure sous-traitance environnementale. Alors que El Haouaria (lieu prévu de la future centrale) est déjà un pôle de centrales éoliennes, on se demande pourquoi on ne continue pas sur le même chemin des énergies propres et renouvelables ?