Le repli identitaire du Parti Québécois

On dirait que la politique au Québec est devenue une sorte de ridicule enchère populiste. L’ADQ a montré qu’on a tout à gagner en surfant sur la vague identitaire et nationaliste. Le PQ qui s’est laissé distancer sur cette question a tout l’air de vouloir récupérer le terrain perdu. D’ou ce projet de loi sur l’identité québécoise. En somme une constitution et une citoyenneté québécoises, (faudra m’expliquer comment on peut-être citoyen d’un pays et d’une de ses provinces), une révision de la Charte des droits et libertés, l’intégration des immigrants en les obligeant par contrat à apprendre le français, etc.

Tout le monde n’est pas d’accord au sein du PQ, heureusement. Le groupe d’action politique des Québécois issus de l’immigration du Parti québécois s’insurge dans une lettre ouverte publiée hier dans Le Devoir contre la dérive identitaire qui semble frapper leur parti de plein fouet :

Cette dérive consiste à faire un amalgame des questions de liberté de religion, d’immigration et d’accommodements raisonnables. La question de l’identité québécoise resurgit sous la forme d’un nationalisme identitaire et populiste qui monopolise l’ensemble du débat. Ce type de repli identitaire présente une vision de l’identité nationale qui exige de tous des valeurs et un comportement uniformes.
(…)
Forcerait-on un Québécois né ici à s’engager par écrit envers certaines valeurs? Lui demanderait-on de ne pas porter tel ou tel type de vêtement? Demander aux immigrants de le faire, c’est les confiner à être des citoyens de deuxième classe. Dans notre Québec, tous sont égaux. Chacun d’entre nous a les mêmes droits et les mêmes droits responsabilités, dont celle de comprendre la différence. Nos libertés de conscience, de religion et de culte sont garanties par les institutions démocratiques et représentatives encadrées par la Charte québécoise des droits et libertés. Elles le sont pour tous, pas seulement pour la seule majorité catholique.

Le sentiment qu’ont les québécois issus de l’immigration, est qu’en tant que minorité qui « fait peur », ils sont instrumentalisés par les médias et les politiques pour des raisons qui les dépassent et sur lesquelles ils n’ont pas de contrôle. La vérité qui fait mal est que ce n’est pas une question de primauté de la laïcité et des valeurs fondamentales. La vérité est qu’il y a un fort sentiment de peur, de xénophobie, et d’ignorance qui frappe le Québec de plein fouet. Et que les médias et les politiques font en sorte d’amplifier le phénomène et de jouer sur cette corde trouble est tout simplement indigne du Québec.

Un sondage SOM/La Presse publié le 9 octobre est sans équivoque :

Si, dans une proportion variant entre 56% et 92%, les Québécois s’élèvent contre certaines manifestations religieuses non chrétiennes s’exerçant dans l’espace public, les mêmes Québécois refusent à hauteur de 52% à 68% de voir disparaître en ce même lieu des objets et rituels chrétiens!

Si ce n’est pas de l’hypocrisie sociale et culturelle, alors c’est quoi ? Voici ce qu’en pense Rima Elkouri :

D’un côté, le Québec se réclame des formidables acquis de la Révolution tranquille. De l’autre, il s’accroche à son crucifix. D’un côté, on se drape dans la laïcité en disant: « Nous, madame, on s’est battus pour se sortir du joug de l’Église catholique. Il n’est pas question de revenir en arrière. » De l’autre, on considère comme un affront identitaire le fait de retirer le crucifix à l’Assemblée nationale. La logique est parfois difficile à suivre. Parce qu’on n’est plus dans la logique, justement. On est dans le symbolique, l’émotif, l’identitaire, l’ambigu. Un domaine qui se nourrit surtout de contradictions.

Voilà ce que veut le PQ (et l’ADQ par la même occasion) :

Le Parti québécois veut que la fonction publique et parapublique ait une tenue vestimentaire exempte de tout symbole religieux, obligeant les employés de l’État à laisser leur turban, kippa ou hidjab sur le pas de la porte des écoles, hôpitaux, centres de la petite enfance et autres ministères.

Et le pendentif en forme de croix ?

Qu’est-ce qu’on veut pour notre société ? Une dictature de la pensée unique, de la croyance unique, du vêtement unique ? Quels dangers représentent le foulard ou la kippa pour la sacro-sainte identité québécoise ?

Ce qui est certain est que le PQ ne gagnera jamais le vote ethnique.

0 comments On Le repli identitaire du Parti Québécois

  • Thierry Bélanger Clermont

    Je suis moi aussi très mal à l’aise avec l’idée de créer deux classes de citoyens au Québec.

    L’on doit aider les nouveaux arrivants à s’intégrer et non les marginalisés. Exiger la réussite d’un test de français à un immigrant alors que la moitié des québécois de souche ne savent pas écrire correctement est ridicule. Que l’on s’assure de financer les services d’aide à la francisation correctement.

    Je crois que le PQ ne s’est pas prononcé sur le port de signes religieux par les membres de la fonction publique. Ils demandaient simplement l’avis de la commission.

  • Après une révolution tranquille, quoi de plus normal qu’une laïcité catholique ? Finalement, de la commission Bouchard-Taylor, on ne retiendra qu’une bande d’oxymorons 😉

  • Pour être très honnête avec toi, Houssein, je n’ai absolument rien contre la laïcité républicaine à la française en autant qu’elle s’applique à tous les cultes, bien entendu.

    Deuxièmement pour revenir sur le projet de loi n°195 de Pauline Marois, je trouve cela tout à fait absurde qu’on met sur le dos des minorités ethniques l’incapacité du Québec à intégrer les gens autour d’une identité commune. De plus, Marois est allé pêché dans les idées d’idéologues d’extrême-droite comme le professeur de science politique à l’Université de Montréal Guy Bouthillier (qui souhaite ouvertement que le gouvernement du Québec retire le droit de vote à quiconque qui ne peut pas parler français). Toutefois, là ou l’idée de Marois diffère de celle de Bouthillier, c’est que son plan ne s’applique que sur les nouveaux arrivants.

    De plus, je suis d’accord avec Thierry. Certains Québécois français exigent l’intégration des immigrants sans donner le bon exemple. Conséquemment, un test de français pour un immigrant est inutile, car certains Québécois français ne peuvent pas parler et écrire le français correctement. Bref, parler le français comme langue maternelle n’est pas un gage de maîtrise.

  • Les politiciens font de la prostitution politique.
    Ils seraient prêts à s’allier avec le diable pour arriver à leur fin.
    Pauline Marois est comme le capitaine d’un navire qui chavire.

  • Bonjour Houssein,

    Ce débat commence sérieusement à me les pomper. D’abord, tout le monde commence par tomber dans le piège d’un sondage aux questions complètement insidieuses, ensuite cela donne du vent dans les voiles à un parti de droite, puis les parlementaires veulent revenir sur une loi qu’ils ont pris le soin de passer au vote ou pour créer la controverse.
    J’en ai ras le bol de ce Nous et les Autres. Le problème est de ne pas prévoir le retour du balancier qui risque de donner un sale réveil.
    Ce serait sympa que tout le monde se tire vers l’ouest ou l’est et qu’on laisse enfin les membres de ce club sélect sortis tout droit de la cuisse de Jupiter régler leur crise identitaire.

    Aucun immigrant nouvel arrivant, néo machin chouette, Canadien d’origine chloup n’appartient à ceux qui espèrent s’en servir. Alors qu’ils règlent leur problème entre eux. De toutes les façons c’est tjrs la faute de l’Autre quand ce n’est pas la langue, ce sont les signes religieux. Ce débat commence à sentir très mauvais. Dommage pour une société qui est aussi très innovatrice. Bien dommage. Franchement, je suis contente de ne plus y vivre.
    Bisous aux princesses

  • Pierre-Léon Lalonde

    Faut être dans la rue pis parler au monde pour s’ancrer dans la réalité. Ça fait longtemps que j’me fie plus à aucun médias pour me faire une idée…

    De toute façon, mes convictions politiques n’ont plus rien à voir avec les humains… Notre mère la terre aura bien le dernier mot avant longtemps. Les pauvres humains que nous sommes n’auront plus grand chose à dire bientôt… Bref.

    On peut toujours perdre notre temps devant la télé… Ou virer au vert !

  • Quote : Ce serait sympa que tout le monde se tire vers l’ouest ou l’est
    —————————————–

    C’est fait 🙂

    Quote : Franchement, je suis contente de ne plus y vivre.
    —————————————–
    J’ai le même sentiment surtout qd il m’arrive de zapper et de ne plus tomber sur le 1er abruti venu me parler des valeurs de la société québecoise et du combat pour les obtenir.

  • Tout cette histoire illustre bien la dérape amorcée il y a quelque temps déjà lorsque l’ADQ s’est servi de certains cas d’accommodement (qui, pour la plupart, n’en étaient pas…) pour gonfler ses résultats électoraux.

    Jouer avec l’identité et, surtout, exacerber la peur de perdre celle-ci à cause du multiculturalisme canadien, de la proximité avec les États-Unis, mais surtout à cause des immigrants qui ne s’intègrent pas (et en plus ils sont minoritaires à ne pas s’intégrer !), représente un manque profond de maturité du peuple Québécois.

    Dès le départ, je pensais que le Québec n’était pas prêt à traiter publiquement de ces questions. Depuis le début de la Commission, nous avons pratiquement tous les jours des exemples qui le démontrent. J’aurais aimé me tromper, mais force est d’admettre que le Québécois moyen n’a pas les capacités d’assumer ce qu’il est sans voir l’autre comme ce qu’il ne faut pas être.

    C’est quand même ironique qu’un peuple ayant été victime de l’impérialisme n’ait pas tiré de leçon afin de ne pas devenir impérialiste face à ce qui est différent. Les imigrants devraient être comme les Québécois de souche. En tant que Québécois de souche, j’essaie chaque jour de ne pas devenir ce type de Québécois de souche, car c’est loin d’être vrai que nous sommes le meilleur peuple au monde.

    Nous possédons sans doute certaines qualités qui méritent d’être partagées avec les autres et que nous devrions être fiers de posséder. Être fier de ce que l’on est, n’implique pas que nous ne pouvons plus évolués ou que nous n’avons plus rien à apprendre des autres.

    Au contraire, si nous aspirons vraiment à devenir le meilleur des peuples, nous devons nous ouvrir aux autres et désirer sincèrement vouloir apprendre d’eux au moins autant que nous voulons leur transmettre qui nous sommes.

    La xénophobie ne peut mener à une évolution positive. Il y a certes des choses qui représentent l’identité québécoise. Si nous cherchons à évoluer positivement, pourquoi vouloir fixer cela dans une charte ou une constitution ? Comment quelque chose de fixe peut évoluer ? Comment quelque chose de fixe démontre une ouverture à apprende de l’autre ?

    De plus, dans ce que propose le PQ, il y a des chose qui vont à l’encontre de la pratique actuelle du droit. Hiérarchiser certains droits, c’est retirer un niveau de nuance qui est nécessaire à l’établisssement de jugements justes et équitables. Je ne sais trop où le Québec s’en va, mais je sais qu’il aurait fallu un minimum de préparation avant d’entrer dans des questions aussi délicates.

    J’ai bien peur que la raison ne domine plus le débat. Je ne me reconnaîs plus dans l’image que les Québécois donnent d’eux-mêmes actuellement. J’espère encore que quelque chose surviendra pour remettre le débat sur les rails.

  • Quelle honte d’être Québécois par les temps qui courent… et encore plus souverainiste. Vraiment dommage… moi qui il n’y a pas si longtemps croyait mon peuple tolérant et ouvert sur le monde… Je suis en deuil.

  • Vous me faites tous bien rire. Au Canada on ne donne pas tous les droits à des gens qui ne parlent pas le français ou l’anglais. Est-ce que les vierges effarouchés sont là pour venir pleurnicher. Au Québec, la loi 101 statue que c’est le français la langue officielle. Ainsi c’est la moindre des choses que les immigrants l’apprenne. Dans de nombreux pays ont l’optient pas la citoyenneté sans connaître la langue, pourquoi ça serait de la discrimination au Québec ? Il semble que dans le contexte canadien, les mesures ne soient pas suffisantes actuellement pour que les allophones apprennent et vivent en français. Dois-je rappeller que 30 ans après l’adoptoin de la loi 101, la langue française n’est toujours adopté par la majorité des allophones du Québec. C’est les coupures dans la francisation et le manque d’incitation à parler le français qui fait ce désastre de deux citoyens. Vous voulez continuer de faire des allophones qui gens qui ne vivent pas en français, c’est cela qui me choque !

  • "Dois-je rappeller que 30 ans après l’adoptoin de la loi 101, la langue française n’est toujours adopté par la majorité des allophones du Québec."

    Faudra me montrer les choffres :
    http://houblog.net/article/

  • Choupinette,

    Attends un peu, la loi sur les minorités fait en sorte que le Québec ne peut pas seulement accepter des immigrants francophones. Il y a minorité linguistique anglophone donc il y a immigrants anglophones, comme il y a des immigrants francophones en Alberta, au Manitoba, en Ontario ou au N.-B., cela s’appelle aussi soutenir l’immigration en milieu minoritaire.
    Faut aller faire un tour en autobus le matin pour voir les petits de toutes origines confondues parler français.
    Mwah

  • le vrai visage du pq … parizeau avait au moins le culot et l’honnêteté d’assumer ce qu’il pense et de le dire tout haut ! pauline marois a du attendre 12 ans après que mario dumont ait défriché le terrain et lancé l’enchère dans la place publique pour lui emboiter le pas … avec un pas de corbeau !

    c’est bien quand on s’affranchit du politiquement correct … au moins tout le monde est à visage découvert !

    le québec est la seule province au Canada qui partage les compétences du gouvernement fédéral pour l’immigration quant à la sélection des immigrants … sélection qui a comme critères majeurs : les compétences linguistiques en français et au moins un diplôme universitaire de premier cycle. ce qui fait que la majorité de ceux qui choisissent le québec ont au moins une bonne maîtrise ou une maîtrise fonctionnelle du français … et ceci donne un aperçu des profils sociaux culturels des immigrants qui viennent ici.

    je suis bien curieux de voir combien de québecois de souche sera admis à la sélection d’immigration québec …

    bon il est où l’ouest … temps de faire les valises je crois !

  • Ben oui Houssein, est-ce que vous ne savez pas lire ? Si 46 % des allophones du Québec choissisent la langue française pour vivre, cela veut dire que 56 % choisissent la langue anglaise, donc la majorité des allophones vivent en anglais et ceci 30 ans après l’adoption de la loi 101.
    Voici un article journalistique sur le sujet :

    La situation du français demeure inquiétante au Québec
    Trente ans après l’adoption de la Charte de la langue française en 1977, les transferts linguistiques des immigrants favorisent encore la langue anglaise au Québec
    Presse canadienne
    mercredi 13 juin 2007

    Norman Delisle – Trente ans après l’adoption de la Charte de la langue française en 1977, les transferts linguistiques des immigrants favorisent encore la langue anglaise au Québec.

    En effet, seulement 46 pour cent des immigrants qui parlaient une tierce langue ont choisi le français comme langue d’usage à la maison, selon les dernières données.

    Les autres qui ne connaissaient ni l’anglais ni le français, soit une majorité de 56 pour cent, ont opté pour l’anglais. C’est une très légère amélioration par rapport à 1996, où trois immigrants sur cinq choisissaient l’anglais.

    Notons cependant qu’à peu près la moitié des immigrants connaissent déjà le français à leur arrivée, et s’intègrent facilement au Québec.

    Mais il reste encore beaucoup à faire, ont constaté mercredi les membres de la commission parlementaire de la Culture, qui étudiaient les crédits annuels consacrés à la politique linguistique du Québec.

    Les représentants des partis d’opposition ont manifesté leurs inquiétudes sur l’avenir du français à cette occasion.

    « Il y a nécessité de maintenir la vigilance », a souligné le porte-parole de l’opposition adéquiste, François Benjamin, député de Berthier. Ce dernier a mis en évidence les difficultés que connaît le français sur le réseau Internet, la dérive générale quant à la qualité de la langue parlée et les difficultés d’instaurer le français comme langue de travail au Québec.

    Pierre Curzi, député de Borduas et porte-parole péquiste dans le dossier linguistique, a rajouté : « On ne peut pas s’empêcher d’être inquiet, particulièrement à Montréal ». M. Curzi dit avoir constaté « une recrudescence de l’utilisation de l’anglais » depuis quelque temps dans la région métropolitaine.

    Il y a eu l’an dernier 3272 plaintes portées à l’Office québécois de la langue française au sujet de transgression à la Charte de la langue.

    Dans 96 pour cent des cas, on a cherché par conciliation à en venir à une entente à l’amiable avec le fautif et à l’inciter à se conformer à la loi. Seulement 92 dossiers ont été transmis au Procureur général pour qu’une accusation soit portée devant les tribunaux, a expliqué la ministre responsable du dossier, Mme Christine Saint-Pierre.

    Il n’y a plus que quatre inspecteurs en poste à l’Office et ils ont dû procéder chacun en moyenne à 727 inspections l’an dernier.

    Un certain nombre de plaintes concernent la langue de l’affichage commercial. La loi permet l’affichage dans une autre langue que le français, mais en autant que l’utilisation du français soit prioritaire sur l’affiche.

    Par ailleurs, la ministre Saint-Pierre entend développer cette année la qualité du français, notamment sur le réseau Internet.

    « La qualité du français utilisé sur Internet n’est pas toujours à la hauteur, notamment sur les blogues », a-t-elle dit.

    Un comité du ministère de l’Éducation se penche actuellement sur tout le dossier de la qualité du français sur Internet. Son rapport est attendu pour l’automne prochain.

    Le budget annuel pour l’Office québécois de la langue française est cette année de 18,5 millions $. Il n’a à peu près pas bougé depuis cinq ans ; il était de 18,3 millions $ en 2003.

  • Zaratustra, est-ce que vous savez ce qu’a dit au juste Parizeau le soir du référendum de 1995 % Que l’argent et DES votes ethniques avaient fait perdre le référendum. Pour l’argent, la suite nous a confirmé qu’il avait raison vu le super scandale des commandites. On achète les Québécois avec leur propre argent pour leur vendre le Canada !
    Pour ce qui est du vote des immigrants, en effet il est généralement fédéraliste mais ils ne sont pas tous fédéralistes. C’était vrai et j’aimerais bien savoir en quoi ça fait de Parizeau un raciste ?

    Pour ce qui est des Québécois de souche et le test d’immigration, quelle condescendance. Est-ce que vous pensez que les Australiens, Français, Anglais ou autre arriveraient à passer des tests d’immigration si il y en avait dans les pays respectifs ? Eh bien, non, les Québécois ne sont pas plus cons que les autres.

  • Loula, avec 54 % des allophones qui choisissent l’anglais au Québec, ça va, je crois que le 8 % d’anglophones du Québec a son ratio d’appui chez les nouveaux arrivants.

    Ce que je tente de vous dire c’est que depuis la conquête les immigrants ont été des instruments pour noyer le peuple québécois francophone. Ils ont TOUJOURS choisi l’anglais sauf depuis l’avènement de la loi 101 qui a RALENTI et non annulé l’effet. SVP ne soyez pas dupes de cette situation.

  • Choupi, AUCUNE loi ne peut annuler l’effet dont tu parles. On ne peut pas obliger les gens à apprendre ou à parler une langue. On peut les encourager, donner des incitatifs, etc. Mais jamais obliger.

    Est-ce que l’objectif du Québec est que tout le monde soit francophone, à 100% ?

    Pourquoi a t-on si peur de 8% d’anglophones ? En quoi ces 8% peuvent constituer un danger pour l’identité ou la culture francophone ? D’autant plus que ce chiffre ne semble pas augmenter !

  • Je trouve ce projet de loi aberrant et la montée de la xénophobie, tout autant. Je m’étais inscrite pour aller prtotester lors du passage de la commission du chialage identitaire à Longueuil, mais il y avait tellement de monde qu’il n’y avait plus de place pour moi.

    De quoi ces Québécois frileux ont-ils peur au juste?

    Je vous ajoute à mon blogroll.

  • @Choupinette :

    je n’ai pas dit que parizeau était raciste au sens du racisme classique et de la haine pure et simple de l’étranger ! mais parizeau, tout comme marois avec son dernier "move" démontrent pourquoi le projet souverainiste échoue ! parce qu’il part d’une vision étroite et disons le : "raciale" du Québec. quel est ce québec qu’on défend ? ce n’est pas le québec d’Ali ou de Mamadou, mais c’est le québec d’un groupe de gens qui trainent derrière eux un complexe et un différend vieux de 3 siècles et s’obstinent à conituer la croisade des ancêtres par procuration !

    Sinon pour les tests le but n’était de me montrer condescendant mais de montrer que ce projet de "citoyenneté québecoise" est absurde s’il se donne comme cible les immigrants. parce que les immigrants qui sont admis ici sont déjà sélectionnés par un système qui fait en sorte que seulement l’élite des pays de provenance puisse y accéder. et le fait qu’il ne parlent pas français pour certains d’entre eux ne les empêchent pas de participer activement aux différentes plans de la société ! donc si mme marois veut essayer la méthode "dumont" et trouver un nouvel épouvantail pour réunir ses troupes autour … y en a marre que ce soient les immigrants qui payent à chaque fois !

  • Zaratustra, je ne vois pas en quoi la défense de la langue française au Québec ou le projet souverainiste est une question de races. Au contraire, les Québécois sont heureux d’accueillir en général des immigrants mais tant que ceux-ci respectent les lois du Québec c’est à dire la laïcité et aussi la langue française. Les Québécois veulent intégrer les immigrants à la majorité, ils se battent justement pour cela, ils ont compris qu’ils étaient nécessaire pour l’avenir du Québec. Et parler le français est la première étape pour y arriver.

  • Houssein, la menace ne vient pas des anglophones du Québec dont les jeunes générations sont généralement bilingues. Elle vient de ces allophones qui ne parlent pas français après des années au Québec. Pourquoi ? Parce qu’il est trop facile de survivre sans parler anglais dans certains coins du Québec. Ils ne vont pas suffisament d’effort parce qu’on leur a fait comprendre que ça ne valait pas la peine. Pensez-vous qu’on peut vivre sérieursement dans la plupart des pays du monde sans parler la langue officielle ? Combien de temps on peut vivre en Allemagne ou en France sans parler les langues respectives ?

  • Le fait que certains immigrants, bien souvent les plus âgés, ne parlent pas français ne pose pas de problème, l’important c’est que leurs enfants ou petits-enfants le parleront.

    De plus la proportion est faible, tu l’as dit toi même plus de la moitié (54% selon immigration-quebec) des immigrants parlent français, et si près de la moitié (46%) des autres l’apprend, ça fait un beau 3/4 de francophones à court terme. Ca existe dans tous les pays, et oui il est possible de vivre toute savie en France ou en Allemagne sans parler la langue.

    Ce qui menace le Québec c’est la disparition de sa population, et la fuite des cerveaux dont le Québec paye la formation. Les reste du Canada et les Etats-Unis offrent des salaires et des conditions bien plus avantageuses. Que des universitaires (selon IQ 65% des + de 15 ans ont au moins 14 années de scolarité, ce serait certainement encore plus parlant si on ne prenait que les + de 20 ans) étrangers se retrouvent ici avec leurs familles est une formidable chance. Chance que vous risquez de gaspiller en leur donnant le goût de s’en aller.

    Il faut arrêter de voir les immigrants comme de pauvres gens auxquels ont fait une faveur en les accueillant. La faveur est mutuelle. Plus de 60% des immigrants reçus sont des immigrants économiques, sélectionnés en fonction de leur formation, et 22% sont les familles. Seulement 16% sont des réfugiés.

    La grande majorité entre donc directement dans la classe qui paie le plus d’impôts, dans cette province qui est la plus imposée d’Amérique du Nord. Le font-ils parce qu’ils aiment payer? Parce qu’ils veulent profiter de votre système de santé digne du tiers monde?

    Moi je crois qu’ils le font parce qu’ils aiment la culture québecoise, en particulier sa diversité et son ouverture au monde. Si ce sentiment d’accueil cesse d’exister, si on les considère comme des sous-citoyens qui doivent passer des tests pour avoir le droit de vote, ils iront payer leurs impôts ailleurs.

    Désolé pour ce coup de gueule mais ça fera bientôt huit ans que je suis ici, et j’adore le Québec et les québécois, mais à force que les politiciens nous cassent du sucre sur le dos et que la partie la plus xénophobe de la population soit de plus en plus médiatisée, à force de voir ceux qui sont arrivés ici en même temps que moi faire leurs bagages, j’ai de moins en moins envie d’y rester.

  • Ben, c’est très intelligent ce que tu dis. Tu as tout a fait raison en ce qui concerne le fait que c’est les enfants des immigrants qui doivent parler Français. Les parents, ils ont une durée limitée mais s’ils laissent le français a leurs enfants, c’est cela qui dure et qui assure la pérénité de la langue. Je suis "de souche" et les immigrants ne me font pas peur et je suis d’avis qu’il faut les convaincre de s’intégrer le mieux possible et ne pas les contraindre.

    Il y a aussi une ENORME meconnaissance de la réalité de l’immigration. Les gens ici sont tellement convaincu que c’est le meilleur endroit de la terre qu’ils croient que tout les immigrants sont simplement des demandeurs et qu’ils devraient avoir de la gratitude. Pourtant ! Il ne comprennent généralement rien è ce qu’est un projet d’immigration. Au fait que c’est souvent un processus quasi irréversible. Au fait que le Québec se vends a l’étranger mais vends un illusion qui ne colle pas à la réalité des diplomés chauffeurs de taxi. Au fait que l’on avertis pas monsieur le docteur en chimie marocain que la mojorité des employeurs canadiens dirons "vous avez de l’expérience canadienne ?" tout en balayant cette décennie d’études du revers de la main.

    A plus. Ph.

  • Je me pose quelques questions depuis que le fédéral a fait adopter un projet de loi sur les votes voilés.

    En quoi le fait d’enlever le droit de vote aux femmes voilées est-il plus démocratique que celui d’enlever le droit de se présenter aux élections à des gens qui ne maîtrisent pas le français? Ne crée-t-on pas deux classes de citoyens dans les deux cas?

  • Bonjour Thierry,

    Ce n’était pas un projet sur le vote voilé, justement! C’était la conséquence d’une révision de la loi par le parlement, qui rendait facultative l’identification visuelle des électeurs.

    C’est d’ailleurs assez paradoxal que les médias aient présentés cela comme une loi qui permet le vote voilé, et les québécois de dire que dans ce cas ils ont le droit de voter avec un masque, alors qu’en réalité c’est exactement l’inverse: la loi permettait à monsieur tout-le-monde de voter masqué (en étant accompagné d’une personne qui prête serment, ou de deux pièces d’identité sans photo), et Elections Canada d’en conclure que rien n’empêchait une femme voilée de voter sans ôter son voile…

    Que personne (j’entends par là aucun journaliste ou homme politique) ne se choque que n’importe quel citoyen puisse voter à visage couvert, jusqu’au jour ou on se rend compte que les femmes voilées le peuvent aussi, c’est tout de même inquiétant…

  • La Marois est une parfaite conne

  • Wow Jean, c’est le commentaire de l’année. Ouf, j’en perd mon latin…

  • Ben, ce qui menace le Québec c’est sa dénatalité surtout et si les immigrants parlent l’anglais, on peut dire adios a la spécificité du Québec. On va baigner dans la grande soupe nord-américaine. Les médias fédéralistes du Québec mettent toujours l’accent sur les immigrants francophones que nous avons. Les gains de la francisation c’est pour les ALLOPHONES, pas pour les francophones. Et a ce niveau la, c’est pas fort. Ils sont encore une majorité a choisir l’anglais au Québec. Ils sont tous dans le même coin d’ailleurs, l’ile de Montréal, la ou il est facile de bien vivre sans avoir a s’intégrer a la majorité. 30 ans après la loi 101 pas fort…le message n’a toujours pas été compris…car Canada is a bilingual country you understand, no real need to speak french.

    Pour ce qui est de l’âge des immigrants qui n’apprennent pas le francais, ce n’est pas vrai que c’est une affaire de vieux. De nombreux immigrants vont porter leurs enfants a l’école primaire sans comprendre un traite mot de français, des gens entre 25 et 45 ans qui sont pleinement actifs sur le marché du travail et qui vivent dans un autre monde, qui ignore tout de la majorité francophone du Québec. Vous trouvez cela normal ?

    C’est certain que les Québécois ne connaissent pas beaucoup la réalité des immigrants mais ils sont comme tous les peuples de la terre. Et malgré tout, ils veulent encore des immigrants au Québec. Mais ils ne sont pas fous non plus, ils ne veulent pas des immigrants dans n’importe quelle condition.

    Je peux comprendre que la commission donne la parole parfois a des vrais racistes mais il ne faut pas mettre tous les Québécois dans le même bateau. Généraliser, serait faire la même chose que les médias sur les demandes d’accomodements raisonnables rapportées dans les médias. Un pur délire. Mais faut pas avoir peur, le Québec n’est pas devenu une terre d’intolérance pour autant.

    Encore une fois, le problème est que le Québec fait partie du Canada, les Québécois en ont marre du multiculturalisme canadian, ils veulent leur façon de faire les choses, mais les maudites chartes canadiennes, beau cadeau de Trudeau, nous empoisonnent l’existance et limitent les champs d’action du Québec. Une autre raison de faire l’indépendance du Québec.

    Pour ce qui est des meilleurs conditions de vie ailleurs…au contraire le Québec est une terre avec de multiples opportunités, la gazon n’est certainement pas plus vert en Ontario ou aux Stats. Peut-être des salaires plus élevés mais des conditions de vie plus difficiles, coût du logement, écoles, garderies…De nombreuses études prouvent que Montréal est une ville pas chère sur plusieurs points.

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