Post-workshop

Petit retour sur polémique. Je veux préciser qu’à Casa, on était à peut près une trentaine, marocains, tunisiens, algériens, un lybien, un palestino-jordanien, un bahraini, et une française (de RSF). C’était les participants invités au workshop. Comme je l’ai déjà mentionné, des participants de grande qualité. Et, pas d’américains. Nous étions « entre nous », nous avons décidé des sujets à aborder, des présentations à faire, du temps alloué, de la forme, etc.

Au fait, si, il y avait des américains : 2 jeunes femmes, représentantes de l’IREX, qui se sont occupées de l’organisation et de la logistique. Du très bon boulot, sans tâche. Et il y avait aussi 2 représentants du MEPI (une américaine et un tunisien). Les 2 organisatrices de l’IREX ont « participé » passivement aux sessions, comme spectateurs, dans une table à part, elles n’ont jamais intervenu, même quand ont a dépassé de 1 heure l’horaire prévu d’une des sessions, et que je voyais bien que ça ne faisait pas trop leur affaire 😉 Quand aux 2 représentants du MEPI, ils n’ont même pas participé à toutes les sessions, et quand l’un d’eux était là, ils faisaient la même chose que ceux de l’IREX, c’est à dire rien !

Voilà, j’ai pensé qu’il était important de mentionner ceci, parce que j’ai beaucoup apprécié (et je ne suis pas le seul) le fait qu’ils n’aient nullement intervenu dans les discussions, ni dans la forme, ni dans le contenu.

Autre point, j’ai eu une discussion avec le représentant tunisien du MEPI, ou j’ai essayé d’exprimer mon opinion sur l’organisme qu’il représente, mes suspicions, etc. Le mec est plein de bonnes intentions, je n’en ai pas douté. Il veut vraiment changer les choses (il est nouveau dans son poste en passant), un peu idéaliste, il a un background riche de travail associatif avec l’ONU, médecins sans frontières, Greenpeace… Un type bien quoi. Il a essayé de me convaincre, je dois avouer qu’il a posé de bon arguments, en théorie. Bon. Je veux bien y croire. J’ai juste besoin de voir les faits, sur le terrain. À suivre donc.

Même impression avec la représentante américaine du MEPI, une femme très sympa et charmante comme les américains peuvent l’être. J’ai pu parler un peu avec elle, et elle aussi a un background impressionnant avec des associations et ONG. Elle n’est pas toujours d’accord avec la politique étrangère de l’administration pour laquelle elle travaille, et elle m’a dit qu’elle n’est pas la seule dans son cas. Apparemment ils ne sont pas tenus par le devoir de réserve comme fonctionnaires de l’État. Ils peuvent critiquer leur gouvernement, même s’ils sont payés par ce même gouvernement. On a un peu de la difficulté à l’imaginer, mais c’est ça la liberté d’expression. Quelque chose du genre.

Voilà donc. Tout n’est pas noir, et certainement pas tout blanc. Si la vie m’a appris une chose, c’est de ne pas juger sur l’apparence, de toujours vérifier les faits, et de ne pas me fier aux non-dits, aux rumeurs, et aux préjugés. C’est pour ça que j’y suis allé, et c’est pour ça que je ne le regrette pas du tout.

0 comments On Post-workshop

  • Mohamed Marwen Meddah

    Perfectly said Houssein. Great post.

  • Moi aussi je suis d’accord avec vous. Moi j’ai surtout aimé la présentation sur "comment se protéger" et celles sur "les nouvelles technologies". En gros c’était un workshop réussi.

  • Good job Houssein.
    je ne vois pas du tout ce qu’on peut dire de plus
    sauf le fait que ca m’aie vraiment fait plaisir de voir certaines personnes et de te retrouver aussi
    Je pense que le but est atteint
    connexions are established as I told Renee
    see ya soon khouya, it was agreat pleasure to meet you in Casablanca

    @Siham : idem: je pense que les deux présentations techniques ont été les plus intéressantes
    seul hic, un peu trop techniques pour certains néophytes

    Bravo à tous les participants

  • Et Comment vous avez fait pour obtenir des invitations?
    Est ce que vous-avez des docs, des presentations quelques chose qui explique ce qui s’est passe dans la conf?

  • C’est pas une conf., c’est un workshop.

    Pour la doc, on va essayer de faire quelque chose, je crois que certains ont pris des notes. Personnellement je vais essayer de regrouper les notes qui seront publiées sur les différents blogs, au fur et à mesure.

  • Trés bon résumé houssein, difficile de décrire quand même l’appréhension d’avant le workshop eu égard à la polémique qui l’a précédé. J’ajouterais en particulier les discussions trés enrichissante en aparté que nous avons eu les uns avec les autres sur aussi bien les questions soulevées au cors des séances que d’ordre général. Bien entendu les aspects de se connaitre mutuellement tunisiens d’une part et le bloggers maghrébins d’autre part ont revêtu un caractère intense et convivial, ainsi que la volonté manifeste de tous de saisir cette opportunité pour dépasser parfois le cadre prédéfini des travaux, pour soulever les questions de rapprochement des différentes blogosphères entre elles; à cet égard le projet en cours de Sami constitue une contribution de taille.

  • Houhou 🙂
    la rencontre de casa était un moment de partage intense.
    La rencontre m’a permis de découvrir de plus près la richesse de la blogosphère maghrébine.
    http://www.jankari.org

  • Sans y avoir assité, ni en avoir entendu parlé (oui, j’ai raté le déba sur le MEPI), je pense que c’est une bonne idée de réunir les bloggeurs engagés politiquement comme Emma ou Houssein pour discuter de thématiques définies par les participants eux-mêmes.

    Je viens de jeter un coup d’oeil, ça me semble intéressant tou ça. Si j’ai bine compris,le but, entre-autre, c’est d’accroitre le potentiel des bloggeurs engagés politiquement (qui peuvent devenir des journalistes citoyens avec plus d’effort) et leur permettre de mieux s’exprimer pour devenir eux-aussi un media influent!

    Pas mal l’idée!

    J’ai jeté un coup d’oeil sur le site du MEPI.Si j’ai tout saisi, c’est un peu dans le même esprit que maghrebia…
    Chacun est libre d’engager sa plume et de l’engager sur tel ou tel théme…

    Bon vent à tous

  • "J’ai jeté un coup d’oeil sur le site du MEPI.Si j’ai tout saisi, c’est un peu dans le même esprit que maghrebia"

    Exactement le même constat que j’ai fait Mehdi. Sauf que Maghrebia est un programme du Pentagone si je me rappelle bien. Mais c’est à peu près les mêmes objectifs.

  • "Les dirigeants américains sont persuadés que les « peuplades » arabes et musulmanes sous-développés et non-démocrates n’aiment pas l’Amérique et commettent des actes terroristes parce qu’ils sont tout simplement jaloux de son mode de vie. Ainsi pour mettre fin au terrorisme, il suffira à l’Amérique de séduire ces « peuplades » et de les persuader à adopter l’ « american way of life ».

    Depuis, les programmes de séduction ne cessent de se multiplier. Après l’échec du programme « Grand Moyen Orient » (GMO), Bush s’entête et revient sur le programme alternatif l’« Initiative de Partenariat du Moyen-Orient » (MEPI) (Middle East Partnership Initiative) et enclenche son exécution.

    Les pays réformateurs seront récompensés : ils deviendront alors membres de l’OMC et entreront dans la « démocratie du marché » !

    L’universalisation de la démocratie libérale que l’empire veut imposer au monde arabe n’est pas celle du droit, de l’égalité, de la justice et du pouvoir au peuple. C’est une démocratie qui favorise la globalisation et permet à l’ogre Américain de s’assurer d’un approvisionnement régulier en pétrole et de consommer encore plus ce que les autres n’en peuvent produire. La démocratie à l’américaine est une « démocratie du consentement » basée sur la communication, l’argent, la propagande, le spectacle, la publicité et la consommation. Dans sa croisade néolibérale, le cannibale américain achète les dirigeants, finance les associations pro-états-uniennes et les médias de propagande pour vendre son produit d’ingérence démocratique. L’ogre oublie cependant que le monde arabo-musulman, même s’il traverse une période noire de son histoire, est ancré dans une histoire millénaire, possède une civilisation prestigieuse, des langues multiples et diverses, des peuples et des terres et qu’il résistera au nouvel ordre mondial."

    http://www.grainvert.com/ar

  • "Le 9 mai 2002, le président Bush annonçait incidemment dans un discours à l’université de Caroline du Sud son intention de lancer une initiative de partenariat avec le Proche-Orient (Middle East Partnership Initiative – MEPI). Il se serait agi aussi bien de promouvoir la littérature que la création d’entreprise, mais aussi de soutenir de grands projets comme la création d’une zone régionale de libre-échange et celle d’un forum sur la réforme judiciaire. Ce programme de subventionnement était présenté au contribuable états-unien comme une nécessité de sécurité nationale : le développement du Proche-Orient mettrait fin au terrorisme.

    Elizabeth CheneyPour les populations concernées, cette rhétorique, commune chez les Atlantistes, est injurieuse. Elle se fonde sur des présupposés psycho-ethniques : les musulmans vivent dans des pays sous-développés et non-démocratiques où ils accumulent des frustrations ; leur jalousie pour le mode de vie occidental les pousse à commettre des attentats terroristes contre des innocents. Il faut donc résoudre leurs problèmes à leur place.

    Le concept, encore imprécis, d’initiative de partenariat avec le Proche-Orient fut âprement discuté à Washington. À l’approche de l’invasion de l’Irak, le département d’État voulait offrir un espoir au monde arabe. Tandis que le Pentagone imaginait la bataille d’Irak comme la première étape du remodelage du Proche-Orient. Le 10 juillet 2002, le Conseil consultatif de la politique de défense, présidé par Richard Perle, écouta un long exposé sur l’infériorité de la culture musulmane et la nécessité d’en détruire le noyau central : la tutelle des Séoud sur La Mecque. En définitive, le 12 décembre 2002, le secrétaire d’État Colin L. Powell annonça devant la très réactionnaire Fondation Héritage qu’il formalisait la MEPI en un simple programme de subventions doté de 90 millions de dollars pour 2003 [1]. Il est subdivisé en quatre piliers :
    Économie : aide à la compétitivité, aide à l’investissement, aide à la création d’entreprises ;
    Politique : renforcement de la société civile, promotion de l’État de droit, renforcement du pluralisme des médias ;
    Éducation : accès de tous à l’école, amélioration des enseignements, promotion des qualifications adaptées au marché du travail ;
    Droit des femmes.
    Le tout pour l’ensemble des États allant du Maroc à l’Arabie saoudite, et excluant la Libye, Israël, la Syrie et l’Irak, selon un découpage administratif en cours à Washington, mais sans réalité géopolitique [2]. Ce programme, somme toute très limité, fut confié au secrétaire d’État adjoint Richard Armitage et à la directrice du Bureau des affaires proche-orientales, Elizabeth Cheney (fille du vice-président Dick Cheney notoirement opposé au MEPI). Bref, les grands mots se diluèrent dans la bureaucratie washingtonienne.

    Middle East Partnership InitiativeZone d’influence
    La MEPI fut relancée, le 6 novembre 2003, par le président George W. Bush lors de son discours à la Fondation nationale pour la démocratie (NED). Il replace alors l’initiative dans le cadre d’un plan plus général d’ingérence démocratique pour transformer le Proche-Orient. 40 millions de dollars supplémentaires sont débloqués pour financer des associations pro-états-uniennes et des médias de propagande pudiquement qualifiés « d’organes de diplomatie publique » [3]

    Dans la pratique, la MEPI restait aussi floue : aucune stratégie lisible, mais une accumulation d’opérations de plus ou moins grande envergure utiles à court terme. Ainsi les deux premiers congrès internationaux organisés par la MEPI, le Forum judiciaire de Manama (15-17 septembre 2003) et le Forum économique arabe de Detroit (28-30 septembre 2003), furent dominés par les questions relatives au bonnes affaires irakiennes et au projet de constitution pour l’Irak. Le troisième congrès, Vers une nouvelle architecture financière du monde arabe, fut en réalité une récupération du symposium annuel de l’Union des banques arabes à Beyrouth (9-10 octobre 2003) pour tenter de leur imposer des normes en matière de lutte contre le financement du terrorisme et pour mettre en place un système bancaire libéral en Irak."

    http://www.voltairenet.org/

  • Le MEPI ou la pièuvre américaine et la naïvité de certains!

  • Polémique ? Si j’ai bien compris, t’as reçu une invite pour un truc à Casa aux frais de la princesse (américaine) pour parler blog/journalisme citoyen/liberté d’expression au 1/3 monde… et t’as eu 6 commentaires pour ou contre ta participation. Méchante polémique 🙂

  • Reda, oui, voila :
    http://boudourou.blogspot.c

    82 commentaires là bas 😉

  • 🙂 ok d<abord. Puis les marocains ils etaient gentils a Casa ?

  • Super sympa les marocains (et les marocaines, surtout).

  • et moi qui me demandais ou est ce que tu passait tes nuits ? :p

  • La premiere fois que Saddam Hussein a rencontre l’Americain Donald Ramsfield a Baghdad, etait juste avant la guerre de l’Iran, il lui a dit:

    "Les USA traitent les pays Arabes comme le paysan qui traite sa femme. La premiere semaine il l’a gatte, la chuchotte, et apres, il l’a condamne a passer toute sa vie crever dans les champs".

    Raconte par Tarek Aziz.

  • Ils sont vraiment gentils les américains(MDR).
    Ils s’occupent de nous telle une maman qui s’occupe de son bébé! Ils s’inquiètent de nos problèmes économiques, sociaux et autres…
    Ils font tout ça pour nous, alors que dans certaines régions de la prospère Amérique(MDR), des populations, surtout afroaméricaines, vivent dans la misère, que les sans abris pulluent dans leurs grandes villes, que la criminalitè, la drogue et la délinquence y sévissent.

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Blogueur de nuit, en pyjama, quand ça me tente. Geek de jour, rarement en cravate.

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