À propos de Twitter et les politiciens canadiens

Bon, je vais sûrement déplaire aux copains et copine conseillers du Web, mais je ne partage pas trop leurs opinions et analyse sur l’usage de Twitter comme canal de communication par les partis politiques canadiens.

Je comprends bien qu’ils prêchent pour leurs paroisse. Normal. Y a rien là. Mais je crois qu’ils omettent une grande partie, essentielle, de leur analyse : l’impact de Twitter sur les électeurs.

Je lis souvent ici et là des comparaisons avec la campagne de Obama ou même de McCain. Faut-il encore comparer des pommes avec des pommes. Il n’y a aucune comparaison à faire entre les ressources à la fois humaines et financières des deux côtés de la frontière. Disons en gros que les démocrates, comme les républicains, peuvent facilement se permettre de créer une équipe dédiée à Twitter, ou à Facebook, ou à Youtube, etc. C’est pas les bénévoles qui manquent, ni le fric. Ici, au Canada, les ressources sont très limitées, et la décision d’allouer ces ressources doit se faire d,une manière stratégique. En termes plus bruts, il faut placer les bénévoles (et l’argent) là où ça rapporte les plus. Le plus de voix le jour du vote, évidemment. C’est le taux de ROI qui détermine où on dépense son énergie, et ses ressources (très) limitées.

Voyons, combien il y a de canadiens sur Twitter ? Quelques millers ? Ils sont pour la plupart des geeks (ou supergeeks comme dirait Michelle). Des influenceurs ? Peut-être en technologies, mais probablement pas en politique. Ils sont une très petite cible, pas du tout significative en terme de nombre de votes. Disons entre placer un bénévole à temps plein mettre à jour les tweets du chef, ou lui demander de faire des coups de fils ou envoyer des emails à froid (cold calls, ça se traduit comment déjà ?), le choix est bien simple.

prenons le cas de Facebook. Là c’est toute une autre affaire. 1/3 des canadiens sont sur Facebook, majoritairement des jeunes. Il est donc for « rentable » d’être proche de cette cible. C’est d’ailleurs pourquoi tous les chefs de parti y ont leur profil, avec des milliers de supporters :
– 15 288 pour Jack Layton
– 13 425 pour Stephen Harper.
– 12 700 pour Stéphane Dion.
– 2745 pour Elizabeth May.
– 1036 pour Gilles Duceppe.

On voit bien que là, sur FB, ça vaut bien le coup de s’investir. le ROI pourrait s’avérer payant, surtout qu’on arrive à toucher une cible (les jeunes) très difficile à joindre par les canaux classiques.

Pour revenir à Twitter, c’est sympa, ça fait branché, ça amuse les techno-geeks que nous sommes, mais niveau efficacité, permettez moi de fortement douter de l’impact qu’il pourrait avoir…

0 comments On À propos de Twitter et les politiciens canadiens

  • Au contraire, comme le disait Steve Rubel, le deuxième groupe le plus influent après les médias traditionnels sur le Web, sont les supergeeks. Ils sont repris allègrement par les médias trad. En termes de relation publique, ce n’est certe pas mauvais de leur parler et de tenter de les infléchir de votre bord. Lors de mon premier billet à propos de site du Parti Conservateur, le lendemain j’étais citée à Radio-Canada, dans LaPresse sur Branchez-vous! et dans le journal Métro. Ça m’a même valu l’insigne honneur d’être censuré auprès des fonctionnaires fédéraux. C’est un peu pour ça que ça vaut peut-être la peine de dialoguer avec des supergeeks comme toi ou moi. Notre opinion peut être reprise ailleurs et ça les Américains l’ont déjà bien compris.

  • Le ROI ne dépend pas uniquement de Chiffre d’affaires prévu mais des ressources utilisés. Admettant que le Chiffre d’affaires créer par Twitter ou face book n’est pas très élevé, mais qu’est ce que ca coute pour entretenir un compte sur ces services: la réponse est zero, sinon au pire des cas c’est uniquement le déploiement d’une ressource humain qui aura pour principale tâche l’alimentation par contenu.

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