L’ouverture, comme dans gouvernement ouvert, ou open government si vous voulez, c’est la transparence. Parce que la transparence c’est l’apogée de la démocratie, le pinacle, l’outil sans lequel tout peut basculer vers le contraire : la dictature de l’État.
L’information c’est le pouvoir disait Bacon, ou parlait-il de connaissance, c’est pareil. Le pouvoir au peuple chantait Lennon, la démocratie n’est-elle pas le pouvoir du peuple ? Ainsi est-il, l’information est pouvoir, et le pouvoir est au peuple, transitivement, l’information au peuple.
C’est le cri de cœur que lance une jeunesse désabusée par des dizaines d’années de fermeture et d’obscurité , où l’information fût systématiquement formatée, maquillée, camouflée, falsifiée, trafiquée, dissimulée, oblitérée, où l’accès aux simples données publics fût un véritable parcours de combattants truffé d’embuches, et où les bonnes affaires se faisaient sous la table, loin des yeux, loin des regards curieux du bon peuple. Ainsi prospérait la corruption, un système bien huilé, pourri et parfaitement corrompu s’auto-régénérant par l’avarie et la malice. Cachons cette supercherie que la plèbe ne saurait voir. Mais la plèbe sait. Elle a toujours su.
Révolution.
Puis on se dit, c’est fini. L’information est pouvoir, pouvoir au peuple, l’information au peuple. C’est gagné. Non. On se rend compte maintenant que le combat ne fait que commencer, la révolution dans les esprits est longue et dure. Ceux à droite, conservateurs à la pesée réactionnaire, moralisateurs moralisants, ceux-là n’envisagent l’État que dans le secret et la discrétion : la Haute qui fait son affaire loin des regards. Ne nous dérangez pas, laissez nous travailler. On va vous l’écrire votre Constitution, mais derrière les portes closes, entre nous, on vous balancera le texte, vous le lirez après. Vous ne nous faites pas confiance ?
Ces messieurs, et dames, oublient d’un coup que le pouvoir c’est nous : le peuple. Que tout ce vous faites nous appartient, nous détenons les droits d’auteurs et la propriété intellectuelle de vos travaux. Ça nous appartient, et de ce fait, nous voulons, nous exigeons de vous tenir à l’œil, de scruter et de sonder votre métier, de vous demander des comptes, de vous corriger, et de participer au grand schémas que vous esquissez pour nous. Notre avis compte, c’est notre Constitution avant tout, et après surtout, pour longtemps. Rappelez-vous mesdames et messieurs, nous sommes les maitres, vous êtes les valets. Avez-vous vu un architecte construire un édifice sans l’avis et selon les goûts de son client ? Ou un décorateur ignorer les recommandations des maitres des lieux ? Connaissez -vous un apprenti cuisinier cachant sa recette à son chef ?
Ouvrez donc ces portes. Soyez comme le Crystal, purs et limpides. Méritez notre confiance. Publiez vos travaux, vos procès verbaux, laissez nous voir, laissez nous vous donner notre avis, faites nous confiance. Nous c’est le peuple. Nous sommes le pouvoir. Écoutez-nous.
