Le système électoral israélien est un obstacle à la paix

Je crois que le système électoral israélien est l’une des causes fondamentales (mais pas la seule) de l’échec de tout processus de paix entre israéliens et palestiniens. Ça parait simpliste à prime abord, mais les faits sont là : les résultats des élections du 10 février le confirment : un Knesset sans majorité, où le prochain gouvernement devra composer avec une coalition d’au moins 3 partis incluant une extrême droite raciste et averse à toute concessions. La paix, on oublie ça. Les gouvernements israélien des 15 dernières années n’ont pas été en mesure de prendre des décisions impopulaires en supposant qu’ils l’auraient voulu, surtout quand il s’agit du conflit avec les palestiniens, des colonies, de Jérusalem, et de tout processus qui pourrait faire avancer la paix et résoudre le conflit. C’est le risque d’un système proportionnel, les extrêmes sortent de la marginalité et peuvent détenir la balance du pouvoir. C’est le cas en Israël.

Pour s’en convaincre, les seules avancées significatives sur la marche de la paix on été réalisés en 1992 avec les accords d’Oslo. C’était la dernière fois que la gauche israélienne avait une majorité au Knesset, et certainement la seule fois où le premier ministre, Yitzhak Rabin, pouvait prendre des des décisions politiques risquées, allant jusqu’à reconnaitre l’OLP, serrer la main de Arafat, et remettre le contrôle partiel de Gaza et Cisjordanie aux palestiniens. Depuis, rien : Rabin est assassiné, le parti travailliste agonise, et la droite avec ses multiples factions a repris le pouvoir avec tout son lot de désastres pour les palestiniens.

Comme je l’ai dit au début, ce n’est pas la seule cause de la défaite de la paix, loin de là, mais une fondamentale. Les récents propos du premier ministre sortant Ehoud Olmert ne font que confirmer cette idée :

Israël, dit le premier ministre sortant, doit se retirer de Cisjordanie et partager le contrôle de Jérusalem avec les Palestiniens. Il doit aussi se retirer du plateau du Golan afin de conclure la paix avec les Syriens. « Nous devons prendre ces décisions, mais nous ne sommes pas prêts à entendre nous-mêmes que c’est là le choix qui s’impose. »

Il en a pour preuve l’attitude de ses prédécesseurs des 20 dernières années. « Lorsque je repense aux premiers ministres qui m’ont précédé, Sharon, Nétanyahou, Barak, et Rabin, d’heureuse mémoire, je peux affirmer que chacun a fait un pas dans la bonne direction mais qu’à un certain moment, à un croisement précis, alors qu’il fallait prendre une décision, cette décision n’a pas été prise« , dit-il. [Cyberpresse]

Lire aussi la chronique de Agnès Gurda sur Cyberpresse : Kadima ou Likoud, c’est pareil

0 comments On Le système électoral israélien est un obstacle à la paix

  • non seulement y’aura pas de processus de paix avec la Palestine, mais aussi les arabes en Israel envers qui on se retourne maintenant et qu’on traite d’ennemis intérieurs

  • A mon avis, il faut se poser la question essentielle qui est: Israël veux-elle vraiment la paix? Si oui alors tu as raison. Si non alors le système électoral israélien est parfaitement adapté!

  • .. prétendre que la seule démocratie de la région est un obstacle a un possible processus de pais entre le monde musulman et l’état hébreux me laisse dubitatif…le premier barrage est la profession de foi du mouvement fondamentaliste et fashiste le hamas qui souhaite la guerre sainte et le jiad contre les infidèles c’est a dire les juifs.
    le second a mon humble avis c’est justement l’absence de démocratie dans les pays arabes fascistequi oppriment leurs populations et qui ne connaissent pas les valeurs des droits de l’homme ainsi que la représentation des femmes et des minorités..
    il convient de s’interroger sur les motifs de la montée d’ un leader populiste et nationaliste dans la politique israélienne .
    une majorité de la population a ouvert les yeux sur les réels intentions des palestiniens ; ce n est plus la paix qui est en jeux mais la sécurité des civiles.
    les milliers de tirs de roquettes qui ont été tiré de la bande de gaza sur Israël ont sont hélas un exemple flagrant.
    Par ailleurs un Iran nucléarisé avec a sa botte des mouvements comme le hezbolla et le hamas sont un danger pour les démocraties .
    Pour conclure après avoir vue de nombreux reportages sur le conflit a gaza j’ai été outré et choqué de l ‘intrumentalisation des enfants comme bouclier humain et de la mise en avant de ceux ci sur les champs de batailles .
    la guerre des images avec des cadavres d’enfants victime devant des cameras du monde entier ont permis de stigmatiser et diaboliser de la part du hamas l’armée de l’état hébreux..ce fut le monde a l’envers

  • Je suis assez d’accord avec Hou-hou et max… j’ai eu un devoir à faire sur le système électoral israélien et il conduit à la formation de gouvernements minoritaires, systématiquement dès lors que le parti travailliste ne bénéficie plus de la légitimité de chefs historiques (le dernier en date était Rabin).

    Je suis d’accord avec Max concernant le Hamas mais en désaccord concernant la démocratie. Car Max semble croire que les peuples, lorsque la parole leur est donnée, veulent la paix et l’entente cordiale avec les autres. Ceci est parfois faux et j’en veux pour exemple la France révolutionnaire qui se lança dans des guerres pour plaire à un peuple travaillé par le sentiment anti-autrichien.

    Dans le monde arabe, le sentiment anti-israélien, voire anti-juif, est bien plus fort encore et la seule raison pour laquelle l’Égypte et la Jordanie ont pu faire la paix c’est parce que leurs gouvernants ne demandaient pas l’avis de leurs peuples. D’ailleurs, on les a vus, depuis, réduire leurs ambitions de rapprochement sous la pressions des intellectuels et des masses qui sont opposées à l’entente avec Israël (même avant l’Intifadha).

    Le mode de scrutin israélien favorise les partis marginaux, pas seulement les extrêmes bien que ceux-ci entrent dans la même catégorie, au sens large. Ici le débat est interminable quant à savoir si la proportionnelle est plus démocratique que le scrutin majoritaire à deux tours en vigueur en France ou le scrutin mixte en Allemagne. Mais peut-être que trop d’esprit démocratique nuit à la démocratie en ce sens ou il tend vers le populisme tandis que la démocratie est une mécanique institutionnelle qui, en principe, garantit les droits des minorités et le respect des droits individuels, même contre la volonté de la majorité.

    Alors quelle démocratie choisi-t-on? Celle qui donne la voix au peuple mais la borne, au risque d’une dose d’autoritarisme, ou celle qui la déchaine, au risque des contradictions, de la paralysie ou encore de la dictature de la majorité?

  • On pourrai aussi se demander si la réforme qui a permi l’election du Premier ministre au suffrage universel n’a pas amplifié le phénomène? A un moment ou il etait crucial de construire la paix (années 1990) il semble qu’aucun des dirigeants israéliens malgré les volontés affichées n’aient été en mesure de conclure un quelconque accord.

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