Liberté, individus, et société tunisienne

J’ai toujours pensé que la liberté est indivisible. Elle ne se négocie pas, elle n’est pas objet à concessions. On ne conçoit pas être à moitié libre. Soit on l’est, soit on ne l’est pas.

Ainsi est ma conception, imprégnée de l’idéal humaniste et existentialiste, où l’individu est au centre de la collectivité. La société est alors au service de la liberté individuelle, la protège et la nourrit. La morale n’étant qu’une invention humaine, régulatrice, sans plus.

Partant, je suis pour la liberté de porter le voile, le tchador, le sefseri, le niqab, ou la burqa. Je suis tout autant pour la liberté de pratiquer le nudisme et le naturisme.

La liberté est l’antipode du moule social auquel se conforment la majorité. Elle définit l’individu et son individualité en dehors de tout cadre théocratique, moral, ou social.

Dans des sociétés familialistes (par opposition à individualistes), comme en Tunisie, la liberté individuelle reste du domaine de l’exotique. L’intérêt collectif et les préoccupations de la communauté, du village, et de la famille ont toujours préséance. Cet intérêt est souvent défini par la tradition et la coutume transmuées en morale non écrite, en textes et en législation. Le progressiste cherche alors à redonner à l’individu son plein droit : sa liberté, et le conservateur à l’enfermer dans le moule social et moral, pour l’intérêt collectif. L’histoire n’est en fait que le récit de ces chocs fracassants entre ces deux visions conceptuelles de la société humaine.

En Tunisie, nous redécouvrons ces batailles. Le conservatisme est violemment dénommé obscurantisme et fondamentalisme. Le progressisme est violemment dénommé débauche et libertinage. Le choc est dur. Pour quelques années la société tunisienne va tergiverser entre ces deux courants, se balançant comme pour retrouver son équilibre perdu. La balance arrêtera son mouvement au milieu, mais seulement après avoir fortement brassé nos repères. Moi, je souhaite la voir pencher à gauche, un peu, doucement, petit à petit. Et le combat pour l’individu passe forcément par la nouvelle Constitution.

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