Le cabinet présidentiel n’est pas un gouvernement parallèle

Je réagis ici à l’article de mon amie Emna Ben Jemaa : Le gouvernement parallèle de Marzouki, où elle se pose des questions légitimes sur le cabinet du président Moncef Marzouki : son rôle et sa composition, et surtout sur le pourquoi le président tunisien a -t- il besoin d’autant d’autant de conseillers et d’attachés à la présidence. La réaction de Emna est basée sur un récent dossier de presse de la présidence qui présentant la dite équipe présidentielle.

Évidemment Emna est en droit de se poser ces questions. J’essaye ici d’y apporter quelques éléments de réponses au mieux de ma connaissance.

– Après avoir dénombré les membres du cabinet présidentiel, Emna continue :

Comme si ce n’était pas suffisant, la présidence a nommé deux autres conseillers (publication JORT numéro 21 du 16 mars) .

Je veux noter que les 2 « nouveaux » conseillers en question à Savoir M. Chawki Abid, et Mme Ikbal Msadaa sont déjà cités dans le dossier de presse de la présidence. Il ne s’agit donc pas de 2 nouveaux conseillers comme le laisse entendre le commentaire de Emna, et l’article de Business News qu’elle cite.

– Le budget :

quel est l’intérêt d’engager toutes ces personnes, dont une partie n’a aucune expérience? Le budget actuel de la Présidence est de 71 millions 869 milles dinars dont 60% consacré a la masse salariale !!!

Les chiffres sont claire : 83% des employés de la présidence sont des agents rattachés à la sécurité. À savoir 2579 sur un total de 3104 employés. D’où l’on ne peut vraiment s’étonner que : 60% du budget alloué à la masse salariale.  En effet, un simple calcul montre que 50% de ce budget est alloué aux salaires des agents de sécurité. On peut légitimenent se poser la question sur la nécessité de maintenir ce grand nombre d’agents attachés à la sécurité, mais il se peut bien que ce sjet soit un peu plus délicat et complexe qu’il en a l’air.

En continuant le calcul simple, basé sur ces chiffres, on peut trouver que les 30 consillers et attachés à la présidence constituent une masse salariale moyenne entre 400 et 500 mille dinars par an. À savoir 0,6% du budget de Carthage, ou à peu près 1% de la masse salariale totale. De quoi relativiser un peu les choses.
– À quoi servent tous ces conseillers ?

Un président, même avec des prérogatives limitées, se doit d’avoir des conseillers. Il est amené à négocier avec le chef du gouvernement, à intervenir sur des dossiers politiques et sociaux : exemples : l’affaire du drapeau, les blessés de la révolution (cas du sit-in récent devant le plais)… etc. Il rencontre régulièrement des visteurs locaux (société civile) et des personnalités étrangères. Il doit donc être briefé sur l’actualité nationale et internationale… Tout ça demande beaucoup de préparation en amont : analyses, recherches, et conseils.

Je vous invite à titre de comparaison à consulter la liste des conseillers et cabinet du président italien. De quoi remettre les impressions dans le bon repère.

– Il y a aussi tout le côté organisation des évènements et des déplacements du président. Une tâche énorme comme tu peux imaginer : contacts, invitations, organisation, etc. Enfin, il y a la communication qui a été rebâtie à partir de zéro : il n’y avait pas d’organe spécifique à la communication présidentielle, à part 1 journaliste permanent de la TAP sur place (qui a ma connaissance a été retourné à la TAP).

Finalement, concernant les prérogatives et les actions de la présidence en ces premiers 100 jours de Moncef Marzouki, Emna est bien libre de les juger négativement. Personnellement je penses que le président et son équipe, et vu les prérogatives limitées, a réussi une sorte d’exploit politique. Je ne citerais pas ici tous les points positifs de ce début de mandat : le peuple jugera.

1 comments On Le cabinet présidentiel n’est pas un gouvernement parallèle

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