Le cauchemar de Darwin

J'ai récemment vu ce documentaire : Darwin's Nightmare. Quel cauchemar ! Les images reviennent me hanter encore de temps en temps, une semaine après, elles bousculent ma quiétude ordinaire. Quelques fois j'ai honte de mon humanité.

C'est le portrait accablant de la mondialisation sauvage tel que pratiquée par le monde corporatiste que nous, humains, subissons sans pouvoir trop y changer grand chose. Telle une fatalité divine, la loi du plus fort est toujours la bonne, plus aujourd'hui qu'elle ne l'a jamais été. En prenant un simple exemple, sans verbiage volubile à la Michael Moore, le documentariste nous montre les choses telles qu'elles, la misère ultime qu'engendre l'exploitation des ressources des pays pauvres, l'insoutenable réalité du transfert de la richesse du sud vers le nord. La faim, le sida, la prostitution, la misère, la souffrance, ... Nous sommes tous responsables.

Les pays riches sont finalement comme ces perches du Nil, poissons carnivores introduits artificiellement dans le lac Victoria. Ces poissons ont presque anéanti la faune du lac au point qu'ils en arrivent à s'auto-dévorer. Il y a un là un parallèle fort remarquable : les pays riches sont les perches du Nil, les pays pauvres les petits poissons indigènes. Les pauvres se laissent exploiter, dévorer, c'est dans l'ordre "naturel" des choses : survival of the fittest, vous avez compris. Le problème est que les ressources ne sont pas infinies. Un jour les riches se transformeront en cannibales auto-dévorants, c'est inévitable. Le lac sera vide, mort.

Le film est tellement lourd, surchargé d'idées, de paraboles et autres hyperboles, qu'il est difficile d'en parler autrement que de recommander à chacun de le voir... et d'y réfléchir surtout.
  • vendredi le 07 juillet 2006 à 12:37

Commentaires

Houssein, l'humanite a toujours fonctionne dela sorte. Toute civilisation qui se developpe se fait sur le dosd'autres qui sont pauvres. Jusqu'a La derniere geuerre mondiale,c'etait evident. Les pays forts vont a la conquete des pays pauvressoit disant pour assurer leur survie et leurs besoin en matierespremieres et plus de revenu fiscal et donc c'etait ainsi depuis lesromains jusqu'a Hitler reich.Leurs besoins etaient primitifs, sel, or,argent..et utilisaient des moyens primitifs qui n'etaient pas nocifs al'environnement. Apres c'est devenu plus subtile et moderne, la geurreest devenu economique pure et les besoins de ces pays riches sontexponentiels et les techinques qu'ils utilisent sont tellementdestructifs (mines,puits, carriere,foret pur le bois...) que parfois onse dit,quel avenir attend nos enfants? Imagine que les USA ont assez debombes atomiques pour pouvoir detruire la terre plusieurs dizaine defois, tout ca etait accomple dans les derniers 50 ans. Malheureusementon contribue tous a cette situation. Shame
  • samsoum
  • à 14:45, vendredi le 07 juillet 2006 #
oui je l'ai vu trois fois ce film!
C'est un très bon film, qui va droit au but!
D'ailleurs ça a créée un débat monstre en Frnace
  • lili
  • à 14:45, vendredi le 07 juillet 2006 #
"Malheureusement on contribue tous a cette situation."

Très vrai.
  • Houssein
  • à 14:55, vendredi le 07 juillet 2006 #
J'ai vu ce films il ya quelques mois. Il estpassé sur ARTE ! Ca m'a laissé un arrière goût de frustration etd'impuissance devant tant de cruauté. Infinity avait raison. Le tiersmonde se prostitue.
  • heliodore
  • à 17:53, vendredi le 07 juillet 2006 #
Il est interressant de lire aussi la polemique qu'a suscité ce documentaire :
http://fr.wikipedia.org/wik...
  • heliodore
  • à 18:04, vendredi le 07 juillet 2006 #
La relation entre documentaire et film estdifficile. Dans un article du Monde (dont je ne trouve plus laréférence malheureusement), Sauper expliquait avoir pris un parti etqu'il s'agissait plus d'un film que d'un documentaire... malgré saforme. Par ailleurs, certains éléments fortement suggérés comme le lienentre la perche et les armes laisse des interrogations...

Personnellement j'ai du mal avec les "nous contribuons tous à cettesituation" et "les pays riches vivent au dépends des pays pauvres".Même si je suis en partie d'accord avec ces assertions, c'est d'unfataliste qui devrait tous nous amener à nous pendre à courte échéancesi c'est aussi irrémédiable !
Rien n'est irrémédiable. L'histoire nous a appris que les systèmes humains sont en perpétuelle évolution.

Mopi je pense qu'avant toute chose nous devons être conscientschacun à son échelle, des enjeux de notre société humaine, au niveauxlocal, régional, national et aussi mondial. Apr`s chacun de nous faitses petits gestes : consommation intelligente, vote averti, recyclage,etc.
  • Houssein
  • à 02:00, samedi le 08 juillet 2006 #
de toute manière la vie nous laisse toujoursune chance pour arranger les choses par nous même ... mais elle nousattends au tournant. si nous échouons, elle prendra les choses en main.comment : c'est simple ... la règle du retour à l'équilibre ... nousfinirons par nous anéantir nous mêmes ... exactement comme les poissonsperches, ce qui à mon avis ... commence à se profiler à l'horizon
  • yawp
  • à 23:44, samedi le 08 juillet 2006 #
1/ Quand on parle d'exploitation des payspauvres, nous sommes souvent obliger d'oublier la notion de pays ou denation souveraine etant donne que la majorite du temps, le gouvernementn'a pas son mot a dire. Par exemple, pour que le FMI aide un pays, ilexige souvent des changements tels des privatisations d'infrastructureet autres qui font en sorte que le gouvernement (et donc payx) devientde plus en plus impuissants contrairement aux interets prives (quipeuvent aussi etre internes comme en Chine)
  • sv
  • à 11:03, dimanche le 09 juillet 2006 #
Un bon point sv. Je dirai que la relationintrinsèque entre politique et capital, a souvent été dominée par lepolitique, même si le capital peut incluencer la politique, et cejusqu'au début du siècle précédant. De nos jours les capitaux semanifestant par leur forme moderne : les multinationales, ont lespleins pouvoirs. Et le politique est désormais un arbitre entreplusieurs groupes d'intérêts. Et la politique en est mêmeinstrumentalisée pour servir au premier lieu l'intérêt desmuti-nationales. Un exemple très explicite : le scandale d'Elfe enFrance : Elfe a réussi à peser sur la politique étrangère de la Francepar l'entremise de Geneviève Deviers-Gencour, épouse d'un employéd'elfe et maîtresse de Roland Dumas, ministre des affaires étrangère àl'époque. Et elle a même prêté son réseau d'inlfuence à Thomson pourfaire passer l'affaire des frégates vendues à Taiwan au détriment desintérêts de la France avec la Chine.

Si la France,a la plus puritaine de tous, en est à ce point, je n'ose même pas imaginer le reste.

Et pour en revenir au point de départ, la notion de pays et frontièrecomme une délimitation d'une zone de pouvoir et d'influence, devient deplus en plus inusitée de nos jours.
  • yawp
  • à 13:31, dimanche le 09 juillet 2006 #
Ce film m'a aussi énormément marqué. Il a eudes échos en moi pendant plusieurs semaines. Jamais un documentairen'avait eu, selon moi, une portée politique aussi forte. Quellesimplicité et clairvoyance dans la démonstration, et comme tu lesoulignais on peut en tirer des métaphores sans fin...
  • Matoo
  • à 15:14, dimanche le 09 juillet 2006 #
pour en savoir plus : http://info-afrique.be
  • dia
  • à 14:48, vendredi le 25 août 2006 #

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