Bulles
En tant que simple travailleur du savoir, ouvrier des temps postmodernes, ma connaissance de la mystérieuse jungle de la finance et du business se limitent à des bribes d'informations collectées ici et là, celles que la classe supérieure daigne nous balancer à doses de communiqués de presse et autres analyses antithétiques des sages experts de la thune et de la fortune.Mon réflexe est primaire. Je veux garder mon gagne pain, et payer mes factures. J'en ai que faire des rachats et acquisitions, des actions et des options, du capital risque et des capitalisations boursières, et de tout le charabia des spéculateurs, hommes d'affaires et boursiers. Moi ce qui m'intéresse c'est de savoir si demain j'aurais du travail, et si mes enfants n'auront pas des besoins que je ne pourrais satisfaire. C'est ça mon capital risque et mes options de vie à moi.
Alors quand j'entends les chiffres s'envoler, vertigineux, je me dis que si la bulle explose, on est bien dans la merde. Parce que la bulle peut toujours se dégonfler, on le sait, ça s'est déjà produit. Les cycles de l'économie et de l'histoire sont beaucoup plus courts à l'ère du numérique et du virtuel, et l'homme cupide et affamé n'apprend pas de ses erreurs. C'est nous, la classe inférieure de la pyramide, cols bleus de l'industrie de l'information, qui en payerons le prix comme on l'a toujours payé, très cher.
Alors deux solutions : soit je monte plus haut dans l'échelle, je me transforme en loup parmi les loups, vendeur de vent et de vides, je lance mon dès parmi les dès, et prie Le Bon Dieu pour la fortune et la prospérité. Soit je gagne au loto. La dernière alternative me semblant plus plausible que la première.
C'était là l'extériorisation de mon angoisse actuelle. Mais rassurons nous, on le sait, en réalité il n'y a pas de bulle 2.0. Dormez bien.
Commentaires
Bonjour, un point de vue qui fait écho à mes bubulles.. ;)
Invitation :
Bubbles, my bubbles!
http://www.dvda.fr/2006/10/...
Web 2.0 : Où est le Business Model ?
http://www.dvda.fr/2006/09/...
Invitation :
Bubbles, my bubbles!
http://www.dvda.fr/2006/10/...
Web 2.0 : Où est le Business Model ?
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Hm, j'ai bien cru que le lien "vendeur de vent et de vides" allait pointer vers Bloïc :)
De fait, c'est ça travailler en informatique. Je me rappelle, lors d'un salon d'orientation en 1993, alors que j'étais au collège, un "informaticien" m'avait dit que la profession était morte, il n'y avait plus rien à faire, grosso modo tout avait été inventé. Pendant qu'il disait ça, l'Internet naissait, 4 ans plus tard, la machine repartait avec le MRP, ERP, e-business et autres réjouissances. Puis s'écroulait. Puis repartait. On ne le sais pas suffisamment quand on se lance, mais c'est ainsi quand on choisit l'info. De la même manière qu'il faut accepter les nouvelles technos, sinon tu te fais dépasser.
Remarque bien que pendant ce temps, un pays emprunte 3 milliards de $ *par jour* au reste du monde pour maintenir son économie à flot. Si un jour il vient à se casser la gueule pour une raison ou pour une autre, on pourra dire qu'on sera vraiment dans la merde. La Bulle 2.0 ? Au pire ce sera passager.
De fait, c'est ça travailler en informatique. Je me rappelle, lors d'un salon d'orientation en 1993, alors que j'étais au collège, un "informaticien" m'avait dit que la profession était morte, il n'y avait plus rien à faire, grosso modo tout avait été inventé. Pendant qu'il disait ça, l'Internet naissait, 4 ans plus tard, la machine repartait avec le MRP, ERP, e-business et autres réjouissances. Puis s'écroulait. Puis repartait. On ne le sais pas suffisamment quand on se lance, mais c'est ainsi quand on choisit l'info. De la même manière qu'il faut accepter les nouvelles technos, sinon tu te fais dépasser.
Remarque bien que pendant ce temps, un pays emprunte 3 milliards de $ *par jour* au reste du monde pour maintenir son économie à flot. Si un jour il vient à se casser la gueule pour une raison ou pour une autre, on pourra dire qu'on sera vraiment dans la merde. La Bulle 2.0 ? Au pire ce sera passager.
Houssein, oui il y a une nouvelle bulle, mais oui il y a aussi un fondement au Web 2.0. Le Web se transforme et c'est tant mieux. Tout le fric qui était inutilement en télé ces dernières années, migrera tranquillement vers le Web. Les idées ont de la valeur, déjà dans les années 90 Nuella Beck (Thriving in the New Economy) parlait de cette économie du savoir et de la propriété intellectuelle. Il est grand temps que cela se concrétise. Quand on sait que le jeu Worlds of Warcraft engrangera plus d'un milliard cette année seulement, je dis bravo. Quand l’an dernier les « spécialistes » disaient de Warren Buffet qu’il était cinglé d’avoir payé $580M pour MySpace et qu’un an plus tard il signe avec Google pour $900M je dit rebravo. Quand nos gouvernements financent la R&D et ne mettent pas un sou dans les modèles d’affaires, l’analyse marketing et la mise en marché, je dis bande de crétins! Le Web 2.0 est certes une bulle! Mais c’est une bulle qui repose sur un modèle d’affaires, sur une mise en marché et sur une compréhension de ce qui fonctionne et fonctionnera désormais. C’est à nous de le comprendre et d’en tirer profit. Si tu as des bonnes idées à faire fructifier cher Houssein, tu connais mon télépĥone. Peut-être aurais-je des « insight » pour toi?
Michel : ce n'est pas parce qu'un actif a une valeur croissante (mettons MySpace) qu'il les vaut. Tous les arguments que tu donnes en disant "bravo", ce sont des chiffres propres à un comportement spéculatif... donc à une bulle. Je ne dis pas que ça l'est forcément, mais ça en a certains attributs.
Quant aux histoires de financement de la commercialisation, c'est un argument que j'ai déjà entendu. Effectivement ça fait sens économiquement quand on a un pays prolifique en idées et en produits innovant qui ne percent pas par manque de capacité de mise en marché. Le Québec peut entrer bien dans ce profil.
Cependant les crédits de R&D ont un fondement plus clairement établi : dans un contexte d'économie de marché, les entreprises n'investissent pas suffisamment dans la recherche ce qui nuit à la fois aux entreprises et aux population.
A contrario la mise en marché est normalement ce qui est le plus facilement développé. Que ça se fasse mal au Québec est un signe d'un manque quelque part (formation ? vision collective ?). Je ne suis pas certain que ce soit en stimulant artificiellement ce domaine qu'on obtiendra les meilleurs résultats. C'est peut-être un début, mais ça doit venir d'ailleurs.
(je sais, j'aime bien jouer les empêcheurs de tourner en rond ;) Je n'en trouve pas moins certains développements d'Internet incroyables)
Quant aux histoires de financement de la commercialisation, c'est un argument que j'ai déjà entendu. Effectivement ça fait sens économiquement quand on a un pays prolifique en idées et en produits innovant qui ne percent pas par manque de capacité de mise en marché. Le Québec peut entrer bien dans ce profil.
Cependant les crédits de R&D ont un fondement plus clairement établi : dans un contexte d'économie de marché, les entreprises n'investissent pas suffisamment dans la recherche ce qui nuit à la fois aux entreprises et aux population.
A contrario la mise en marché est normalement ce qui est le plus facilement développé. Que ça se fasse mal au Québec est un signe d'un manque quelque part (formation ? vision collective ?). Je ne suis pas certain que ce soit en stimulant artificiellement ce domaine qu'on obtiendra les meilleurs résultats. C'est peut-être un début, mais ça doit venir d'ailleurs.
(je sais, j'aime bien jouer les empêcheurs de tourner en rond ;) Je n'en trouve pas moins certains développements d'Internet incroyables)
Oui Michel, je sais, enfin j'espère que t'as raison ! Il n'empêche que ça donne le vertige toutes ces sommes faramineuses, ça rapelle de mauvais souvenirs...
Je ne sais pas ou tu prends ça, mais au nombre d'entrepreneurs technos que je rencontre chaque année et qui me présentent leur CMS qui doit bouleverser la planète, sans savoir qu’ils sont déjà quelques milliers et que leurs produits sont de la merde, ça fait peur! De plus, il est rare que je croise un entrepreneur techno qui a pris la peine de faire une étude de marché au préalable et un plan de commercialisation par la suite. C’est peut-être facile, mais cela semble très rare. Ou peut-être est-ce la perception que c’est facile donc inutile, qui empêche ces gens de faire de l’argent?
Cette perception de la facilité du marketing est aussi ce qui réduit l’impact d’un marketing bien fait. À croire que le marketing « ya rien là » encourage les entrepreneurs à engager n’importe quel stagiaire et à le payer des peanuts pour des résultats équivalent. Le marketing, c’est plus que du bonbon…
Cette perception de la facilité du marketing est aussi ce qui réduit l’impact d’un marketing bien fait. À croire que le marketing « ya rien là » encourage les entrepreneurs à engager n’importe quel stagiaire et à le payer des peanuts pour des résultats équivalent. Le marketing, c’est plus que du bonbon…
De Michel : "Mais c’est une bulle qui repose sur un modèle d’affaires, sur une mise en marché et sur une compréhension de ce qui fonctionne et fonctionnera désormais."
Je ne sais pas, mais il me semble que j'ai deja entendu ca quand je travaillais a Nortel en 2000(evidemment sans mentionner le mot bulle).
Je ne sais pas, mais il me semble que j'ai deja entendu ca quand je travaillais a Nortel en 2000(evidemment sans mentionner le mot bulle).
irrational exuberance.
Social software, AJAX, Wikis, Mashups and any minor or normal evolution in technology is tagged Web 2.0 and attracts money the same way the red color attracts the bulls :-)
Major VC firms in the silicon valley like Kleiner, Sequoia invested $2.25B in the first quarter and this is only in local startups!!!
Sequoia invested $11M in Youtube that earned $800M in less that 19 months, a 7200% profit!!! and of course this will make everybody forget what happened just 7 years ago.
So Bubble or not? I don't know.. but what I am sure is that there is a lot of speculators and cupid people out there with a lot of money to spend and a lot of entreperneurs (true and fake) trying to get a piece of the cake