La biologie synthétique

La biologie synthétique est un domaine de recherche dont j'ai entendu parler il y a quelques mois, et que je trouve très excitant et passionnant en terme possibilités et d'avenues pour l'humanité, mais aussi en termes de défis socio-éthiques que cette nouvelle discipline soulève et risque de soulever.

D'après SyntheticBiology.org :

Synthetic Biology is
A) the design and construction of new biological parts, devices, and systems, and
B) the re-design of existing, natural biological systems for useful purposes.


Ce que je trouve passionnant à propos de la biologie synthétique c'est son aspect multidisciplinaire. Il s'agit en gros d'appliquer des techniques d'ingénierie aux systèmes biologiques. Ainsi, par exemple, on reprend le processus d'ingénierie itératif des systèmes informatiques : conception et modélisation, développement et programmation, tests, mise en production, debugging et correction d'erreurs, etc. et on l'applique à la création d'une nouvelle bactérie aux propriétés spécifiques. On peut aussi appliquer les méthodologies et approches de refactoring de vieux systèmes obsolètes et inefficaces à des entités vivantes pour en construire de meilleures, plus efficaces, capables de guérir une certaine maladie, de produire du combustible propre, d'aspirer le CO2 de l'air, ou de nettoyer les déchets toxiques,... The sky is the limit.

La biologie synthétique est différente du génie génétique dans le sens qu'elle englobe celle-ci, et va au delà de la simple manipulation du code génétique. Il s'agit de créer à partir de rien des systèmes biologiques, vivants. Le mot clé étant créer, à la différence de modifier, reproduire, améliorer.

Évidemment la création d'organismes synthétiques reste encore un rêve de laboratoires. Personne n'y est encore arrivé. Mais la compétition est féroce, et ça va vite. Récemment une équipe américaine a réussi à transférer le code génétique d'une espèce de bactéries pour l'implanter dans une autre :

scientists in the US took the whole genetic makeup - or genome - of a bacterial cell and transplanted it into a closely related species.

This then began to grow and multiply in the lab, turning into the first species in the process.
(...)
Dr Venter likened it to "changing a Macintosh computer into a PC by inserting a new piece of software"
[Telegraph.co.uk]

L'objectif de cette équipe est de réussir à implanter dans ces bactéries un code génétique artificiel totalement fabriqué en laboratoire. Ils prévoient y arriver dans quelques mois.

D'autres chercheurs essayent de créer la bactérie (cellule) minimale : the minimal cell. Celle-ci ne contiendrait que le code minimal nécessaire à sa survie et sa reproduction. Cette cellule pourrait alors servir de base (framework) pour une infinité d'applications : il suffit par exemple d'y installer un plugin de de production d'une certaine protéine pour qu'elle devienne une productrice de cette protéine.

Tout ça est très nouveau, la première conférence du domaine a eu lieu il y a juste 3 ans. Et bien sûr les questions d'ordre éthique sont nombreuses et bien complexes :

No technology is risk free, but synthetic biology has the twist that its mistakes can breed. Today the risks are not great. As David Baltimore, the president of the California Institute of Technology, observes, "nature is a very tough critic". Any organism modified in a laboratory is unlikely to make it in the outside world in competition with creatures toughened up by natural selection. Nevertheless, as knowledge increases, so will the risk that something truly nasty might be unleashed. [The Economist Août 2006]

The best defense against rogues and evildoers, Endy says, is a community of technologists committed to finding ways to thwart them, bigger and better-resourced than the Dark Side could ever be. He believes in an open source approach to the task of programming life, modeled explicitly on the open source approach to programming computers, long popular at MIT. This ethos might also defend against implementations that are simply inept, rather than malicious, but nonetheless capable of great harm. As Endy points out, do you really want staple crops fitted with proprietary programming as secure as, say, Windows 95? [Wired Janvier 2005]
  • vendredi le 29 juin 2007 à 14:46

Commentaires

Je suis de tres loin ce domaine (opportunite d'investissement), et il y a pas mal de startups dans la valley qui touchent plus ou moins a cela, mais la startup la plus en vue en ce moment est "Codon devices" a Cambridge,MA qui developpe des outils pour la synthese de DNA :)

C'est rigolo, mais ces recherches me rappelent toujours le film Terminator et comment on a reussi a creer des machines pensantes qui ont apres extremine les humains de la planete pour y vivre :))

On commence a s'approcher de la science fiction et le mot "creer" ici est la source de la polemique. De toute facon les creations naturelles peuvent etre aussi tres dangereues, alors que celle ci au moins on peut les maitriser :))
  • samsoum
  • à 15:22, vendredi le 29 juin 2007 #
Coucou Houssein
ça te dit de participer au jeu de 7 révélations
http://fussoir.blogspot.com...
nadouille, je n'ai rien à révéler moi :-)
  • Houssein
  • à 11:33, samedi le 30 juin 2007 #
Tag! You're IT! (:
  • Myrtus
  • à 00:59, mardi le 03 juillet 2007 #
Bonsoir
pour valider mon mba, j'ai réalisé un mémoire sur le biologie synthétique: http://biocamp.blogspot.com...

je vous invite à le consulter, il est loin d'être parfait, mais j'ai essayé de faire un effort de synthèse sur le sujet.
n'hesitez pas à m'envoyer vos commentaires!
  • flefevre
  • à 18:02, lundi le 06 octobre 2008 #

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