Le droit de grève

On est un peu égoïstes les humains. On est aussi contradictoires. On est pour le droit des prolétaires auxquels nous-nous identifions, nous somme pour la solidarité et la justice sociale, nous sommes pour le partage équitable des richesses. Seulement, quand nos bonnes intentions se butent à nos propres intérêts, quand ça ne nous arrange pas, et quand on touche pas à nos privilèges, on se fait volontiers avocats des diables.

Québec pourrait abolir le droit de grève en transport en commun. L'idée fait presque consensus :

le transport en commun est aussi vital que les flics et les pompiers, qui n'ont pas le droit de grève. Des milliers de personnes dépendent des bus, du métro pour fonctionner.

D'accord, les transport en commun c'est vital. Mais, désolé, vous appelez ça une grève vous, celle de la STM ? La loi sur les services essentiels empèche ces travailleurs de faire la vrai grève comme le font les français. Des bus et des métros il y en a toujours aux heures de pointe, un peu moins, mais l'économie n'est pas sabotée pour autant, personne n'est réellement pris en otage à ce que je sache. C'est juste qu'on est trop attachés à nos privilèges de citoyens gâtés qu'on a horreur de devoir se serrer un peu plus dans les rames du métro pour quelques jours. On s'en fout des travailleurs et de leurs droits. Nos droits passent avant les leurs. Vous avez dit solidarité ?

Déjà qu'avec la loi 43, il ne reste pas grand chose du droit de grève au Québec. Saviez-vous qu'avec cette loi "un professeur qui parle à ses étudiants de grève est passible d'une amende au même titre que s'il faisait la grève" !

Moi je veux faire confiance aux travailleurs de la STM. Je veux croire qu'ils ne recourent pas à la grève de gaieté de coeur, ou pour le plaisir sadique nous prendre en otage. S'ils le font, en dernier recours, c'est qu'ils ont de bonnes raisons. Et que je doive me tasser, ou attendre quelques minutes de plus, soit, je suis solidaire.
  • mardi le 27 novembre 2007 à 12:56

Commentaires

Que t'es naïf. Ils sont en grève pour protéger leur job à 50k par année avec leur éducation de secondaire 5.

C'est ça qui écoeurre le monde.

Tout comme le traitement de faveur des cheminots en France écoeurre la France. La retraite dorée à 55 ans? Pourquoi eux plutôt que d'autres? Aucune raison. Ah si... historique :)
  • brem
  • à 13:54, mardi le 27 novembre 2007 #
Martin, si t'étais à leur place, tu ferais quoi ?
  • Houssein
  • à 13:59, mardi le 27 novembre 2007 #
Je crois que l'abolition de leur droit de grève ne serait pas si dramatique. On reste dans un état de droit ou leurs intérêts seront protégés. Au lieu d'une grève aussi éprouvante pour eux que pour nous, ils passeraient directement en arbitrage (ou à la menace d'en demander un...)

La police de Québec a utilisé ce genre de menace pour faire bouger la ville il y a quelques années, et ça a plutôt bien fonctionné.

Finalement, les priver du droit de grève va nous coûter plus cher à nous, payeurs de taxes. Mais si ça permet de prendre les transports en commun en paix à l'année longue, ça en vaut peut-être la peine?

Pour ce qui est de l'équité, il faut être réaliste. Une grève des marchands de chaussettes n'a pas le même poids qu'une grève des transports en commun, même avec le service minimum aux heures de pointe. Quoi qu'on fasse, certains travailleurs seront toujours plus égaux que d'autres... Mais c'est les plus faibles qu'il faut défendre en priorité, pas ceux qui ont une situation enviée de tous.
  • Ben
  • à 14:16, mardi le 27 novembre 2007 #
Mais Ben, on en parle comme si les chauffeurs fesaient grêve tous les mois !
Ça arrive 1 fois tous les n années. On peut bien leur donner ce petit droit...

Moi je trouve que c'est trop facile pour nous de critiquer leurs actions. Je veux me mettre à leur place, et voir ce que j'aurais fait. Probablement j'aurais voté pour la grève.
  • Houssein
  • à 14:24, mardi le 27 novembre 2007 #
Sujet sensible... la solidarité des uns s'arrête où commence celle des autres ?

La perception c'est que les employés de la STM bénéficient de traitement déjà très généreux et que faire grêve pour en avoir plus est difficilement acceptable quand t'es dans la peau d'une personne qui gagne moins, qui peut se faire virer du jour au lendemain et qui a moins d'assurance (à noter que les plus dépendants des transports en commun sont justement les plus vulnérables de ce point de vue).

Par ailleurs les augmentations demandées (justifiées ou non), imputent d'autant la qualité du service (à ressource égale). Si on considère qu'ils gagnent déjà bien leur vie pour l'emploi qu'ils font, tout ce qu'ils demandent en plus c'est du service qu'ils prennent aux usagers.

Enfin, dans une entreprise privée, si les employés tirent trop sur la corde (advenant qu'ils y arrivent), ils risquent de tuer leur entreprise (on a vu des cas récemment d'entreprises qui demandaient de concessions majeurs à leurs syndicats pour survivre). Dans le cadre du service public/parapublic, les craintes sont plus faible... au pire, c'est seulement du service en moins pour la population (ou des impots en plus pour le reste de la population).

Bref c'est un noeud gordien. Ceci dit, le trancher en interdisant la grêve (ou en mettant un service minimum important) me semble assez radical. Mais bon, moi suis cycliste maintenant alors les transports en commun ;)
Je n'ai rien contre le fait qu'ils défendent leur bifteck, c'est normal, à chacun de défendre le sien. Mais si ça peut se faire d'une manière plus efficace et moins perturbante pour les autres, pourquoi pas?

Quand ils font grève, même si ce n'est que tous les 3 ans, c'est un gros problème pour ceux qui n'ont pas de voiture, c'est à dire les pauvres et les écolos. A quoi sert de sanctionner ces deux catégories? Finalement tout le monde y perd, y compris les grèvistes qui n'aiment probablement pas ça plus que nous.

Si on pouvait démontrer que l'arbitrage nuit aux employés en comparaison de la grève, je serais d'accord. Mais il semble que la police et les pompiers parviennent à obtenir des conditions de travail plutôt concurrentielles, sans le moindre arrêt de travail. Donc pourquoi ne pas faire pareil avec les travailleurs des transports en commun?

La solution, bien qu'effrayante au premier abord (on touche à un droit fondamental) semble positive pour tout le monde!
  • Ben
  • à 15:21, mardi le 27 novembre 2007 #
Je pense que la problème est plutot ceci:

Quand ils déclenchent leur grève, c'est les pauvres, les gens qui ne travaillent pas de 9 à 5, qui paient le prix, et ceci pour des chauffeurs qui n'ont pas d'éducation specialisé, et qui gagnent deux ou trois fois plus d'argent.

Si on peut trouver une alternative qui assureraient des négotiations justes, je supporterai cela.
  • Fagstein
  • à 15:34, mardi le 27 novembre 2007 #
Pourquoi personne ne soupçonne une seconde que c'est peut-être le patronnat de la STM qui fait mal son boulot ?

C'est peut-être que le syndicat ne fait pas une si bonne compagne de communication que le gouvernement ?
  • Houssein
  • à 15:40, mardi le 27 novembre 2007 #
Moi je me pose juste les questions : est-ce que ça peut être considéré comme un service essentiel, et est-ce que le transport en commun a un impact sur les habitudes des gens de Montréal au niveau du choix d'avoir une voiture ou non?

Sinon, la jalousie là-dedans est assez secondaire à mon avis, 50 000 dollars, ce n’est pas la mer à boire quand même!
"50 000 dollars, ce n’est pas la mer à boire quand même!" - lol

Le probleme avec une greve est qu'elle affecte principalement les personnes agees et demunis. Donc, il y a une confrontation entre des gens qui font peu d'argent et des chauffeurs d'autobus qui en font 50K. Evidemment, je comprends pourquoi ils veulent que leur salaire soit ajuste par rapport a l'inflation, mais ils n'auront pas le support populaire.

Je suis toutefois contre appeler le transport en commun un service essentiel parce que ca ne pourra que servir de justification pour les revendications salariales des employes de la STM. Pourquoi 50K/annee? parce que c'est un emploi essentiel au bon fonctionnement de la societe.
  • SV
  • à 00:51, mercredi le 28 novembre 2007 #
Pourquoi qu'un chauffeur de bus quand il travaille entre noêl et le jour de l'an est payé temps double?
je trouve que les chauffeurs abusent du fait que le transport est essentiel surtout pour les gens les plus démunis.
Ils ont des avantages que la plupart des salariés n'ont pas.
Je connais un chauffeur de bus (sec 5), avec qq années d,ancienneté et dont la femme est à la maison qui vit mieux que son voisin professionel: voiture de l'année, maison luxueuse (200,000$) voyage à chaque année.
Pas pour rien que les taxes municipales sont aussi élevées.
  • Samy
  • à 20:03, mercredi le 28 novembre 2007 #

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