Histoires de fêtes et de libertés

J'habite dans l'est de l'Île de Montréal, à Hochelaga, un arrondissement qu'on peut qualifier de bastion péquiste. i.e souverainiste. Dans mon quartier, les voisins ont fêté la semaine dernière la Saint-Jean, la fête du Québec, la fleur de lys était à l'honneur, et la bière coulait à flots. Nous avons aussi fêté, comme d'habitude, chez des amis. Chez nous, on aime les fêtes, et toute occasion est bonne pour en faire une.

Hier, c'était la fête du Canada. Dans mon quartier, vous imaginez, on ne fête pas le premier juillet. C'est juste une journée de congé de plus. Moi, j'aurais aimé fêter le Canada, ou fêter tout court. J'aurais aimé accrocher le drapeau à feuille d'érable dans ma cours arrière et inviter quelques amis pour un party improvisé. Je ne l'ai pas fait. Parce que je veux garder un bon rapport avec mes nouveaux voisins, je ne veux pas qu'on me regarde de travers ou qu'on me pointe du doigt. Dans mon quartier on ne fête pas le Canada.

Hier, je me suis posé la question : dans la mesure où je me suis consciemment auto-censuré de fêter, puis-je vraiment me considérer libre chez-moi ? Si j'habitais l'ouest de l'Île, je n'aurais probablement pas hésité à accrocher le drapeau canadien, tout autant que celui du Québec une semaine avant. Oui, il y a les Lois, la démocratie, et les libertés inscrites dans les chartes, mais, en quelque sorte c'est l'environnement, la pression sociale implicite, qui finissent par nous dicter nos choix et notre comportement.
  • mercredi le 02 juillet 2008 à 12:01

Commentaires

""Oui, il y a les Lois, la démocratie, et les libertés inscrites dans les chartes, mais, en quelque sorte c'est l'environnement, la pression sociale implicite, qui nous finissent par nous dicter nos choix et notre comportement."

C'est exactement ce que j'essaye d'expliquer depuis des mois.

Je pense que tu as mieux trouvé les mots que moi.
  • massir
  • à 14:29, mercredi le 02 juillet 2008 #
massir, je comprends parfaitement, et partage même tes craintes. Ce dont je te reproche quelques fois c'est la manière dont tu abordes le sujet : Un peu trop émotionnelle ;-)
  • Houssein
  • à 14:53, mercredi le 02 juillet 2008 #
الحريّة هي إخساس أوّلا
أنا مثلا رغم كل شيء انحس روحي حرّة و نتصرّف على أساس أني حرّة
ما دام ما نعمل في شي إضر الناس و خارج على أخلاقنا.
الحريّة هي ممارسة يوميّة وإذا كان باش نقعدو انبرو في عدم تمتعنا بيها، مرّة على خاطر القانون و مرة على خاط الجيران و مرة على ماهياش متاعنا ، رانا نقعدو ديمة كيف هاك إلى ربي عاطيه نعمة و
هو حارم روحو منها
و الحكاية هذه تدخل زادا في موضوع مدى تأقلم التوانسة في المجتمعات الغربية
  • hnani
  • à 14:54, mercredi le 02 juillet 2008 #
Je ne suis pas très sûr de comprendre ton commentaire hnani !!
  • Houssein
  • à 14:58, mercredi le 02 juillet 2008 #
S'il n'y avait pas certains québécois francophones (Ex-felquistes, néo-felquistes....) aussi aggressifs envers les canadiens, ça aiderait grandement.
  • brem
  • à 16:53, mercredi le 02 juillet 2008 #
T'as juste à démenager à Gatineau alors. Le 24 juin, ils ont fêté la st-Jean (ou la fête de dollard ou des patriotes, au choix ) et hier ils ont fêté aussi la fête du Canada. Et même qu'il y a des feux d'artifices et de la bière qui coule à flot.
  • Reda
  • à 19:08, mercredi le 02 juillet 2008 #
Pour moi, aucune contrainte. Je ne fête ni le 24 juin ni le 1er juillet.
Je ne me sens pas concerné même si ça va faire 40 ans, l'an prochain, que je vis ici!
  • Samy
  • à 22:59, mercredi le 02 juillet 2008 #
http://paris-carnet.org/
:DDDDDDDDDDDDDD
  • bidibul
  • à 09:05, jeudi le 03 juillet 2008 #
La liberté n'est peut-être pas directement proportionnelle à la fortune, mais disons que d'être riche peut aider. Très riche, tu ne serais probablement pas allé vivre dans Hochelaga. Permets-moi par ailleurs de douter de l'affirmation présumant que tu aurais pu fêter les deux fêtes sans le même souci que t'a imposé ton quartier actuel : il est hautement possible que tu aurais éprouvé le même sentiment.

D'un côté je pense que, nouvellement arrivé dans un milieu, on a toujours un peu à devoir se mouler à ses "mœurs" si on veut en faire partie. D'un autre côté, après un certain temps, milieu et relations apprivoisées, on peut peut-être plus facilement affirmer ses différences. N'empêche que je serais surprise qu'il y ait un seul endroit sur terre qui permette que l'on vive en totale adéquation affirmée avec ce que l'on est et pense. Aussi doit-on savoir où sont nos priorités et tenter de choisir un milieu qui y corresponde au plus près.

Ainsi, par exemple, ça m'étonnerait beaucoup que dans l'ouest de la ville, à Senneville, par exemple mais pas que là, soit si bienvenus que ça ceux qui ne correspondraient pas au standing social...
"douter de l'affirmation présumant que tu aurais pu -DANS L'OUEST DE LA VILLE - fêter les deux fêtes sans le même souci que t'a imposé ton quartier actuel "

Précision pour plus de clarté.
  • Marie Danielle
  • à 15:31, jeudi le 03 juillet 2008 #
http://www.embruns.net/
aka erreur de chargement de la page
Tout à fait d'accord avec toi. La pression sociale est sournoise, mais elle est tout aussi étouffante que pas mal de lois. À Québec, il y a quelques années déjà, j'ai subi une avalanche d'insultes parce que je portais un petit drapeau du Canada le jour de la fête du Canada. Ça m'a donné l'envie de défiler avec un grand drapeau canadien le jour de la St-Jean, mais ma sagesse a détrôné ma folie.
il n'y a personne de "conscient" dans ce monde qui est satisfait de ce que lui offre son pays, c'est ce que je vois.
Et puis la liberté c'est assumer des concequences .. bonnes ou mauvaises...
  • mba3bis
  • à 12:37, mardi le 08 juillet 2008 #
"l'ouest de l'Île, je n'aurais probablement pas hésité à accrocher le drapeau canadien"

Donc, tu ne veux pas deranger les colons de Hochelaga, mais tu n'aurais aucun probleme a facher les anglophones.

Hmmm, vivant a cote de colons et ayant cotoye des anglophones anti-francophones, je suis d'accord avec toi. En absence d'alcool, les anglophones sont plus simpathiques.
  • SV
  • à 14:06, vendredi le 11 juillet 2008 #
tu es seulement un peureux qui a peur d'avoir peur.

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