Abu Nawas : أبو نواس

J'adore la poésie Arabe.
De temps en temps je vais en lire sur les quelques sites [catégorie DMOZ] qui en recensent.
Je ne comprend pas la moitié des vers de la poésie classique (surtout celles préislamiques), mais ça ne m'empêche pas d'apprécier la sonorité, les jeux de mots, les paraboles, et autres usages linguistiques forts ingénieux.

De la période Abbasside (8ième siècle), mon poète préféré est Abu Nawas. Sa poésie est empreinte d'humour grinçant, de sarcasmes géniaux, de libertinage audacieux, et de sagesse camouflée.

D'ailleurs, les deux vers visibles sur la bannière de ce blog (en haut à droite) sont de Abu Nawas. Si j'ose les traduire, ça donnerait (c'est très, très approximatif) :

Dis à celui qui, de la connaissance prétend une philosophie
Tu as appris une chose, et t'en ignore beaucoup.


Abu Nawas est un adepte du plaisir de la chair, l'amour des hommes l'obsédait, et la bouteille ne le quittait jamais. Il était un pur libertin fervent adepte de la culture bachique. Contrairement aux idées reçues, la période d'or de la civilisation islamique fût une période de plaisirs, où le vin coulait à flot (toléré mais non permis), les maisons de débauche fleurissaient, et l'art et la culture s'épanouissaient dans une atmosphère de liberté presque totale. Abu Nawas a vécu à Baghdad sous l'aile protectrice du khalife Haroun Al-Rachid (celui même des fables des milles et une nuits) et fût l'amant de son fils Al-Amine. Il était le poète du palais, et a bien profité de sa situation pour jouir de ses perversions. On raconte aussi qu'il était tombé amoureux une fois, d'un amour platonique, d'une femme!

Aujourd'hui je suis tombé sur ce petit poème qui m'a beaucoup fait rire :


لمّا جفاني الحبيب و امتنعتْ -- عنّي الرّسالات منه و الخبرُ
إشتدّ شوقي فكاد يقتلني -- ذِكر حبيبي و الهمّ و الفكرُ
دعوت إبليس ثمّ قلت له -- في خلوةٍ و الدّموع تنهمرُ
أما ترى كيف بُليتُ و قد -- أقرح جفني البكاء و السّهرُ
إن أنت لم تلْقِ لي المودّة في -- صدر حبيبي و أنت مقتدرُ
لا قلت شعرا و لا سمعت غِناً -- و لا جرا في مفاصلي السّكرُ
و لا أزال القرآن أدرسه -- أروم في درسه و أبْتكرُ
و ألزم الصّوم و الصّلاة و لا -- أزال دهري بالخير أاْتمرُ
فما مضت بعد ذاك ثلاثة -- حتّى أتاني الحبيب يعتذرُ


Tentative (très, très approximative) de traduction :

- Lorsque mon amoureux m'a délaissé, et que ni lettres ni nouvelles je n'ai reçu
- Ma mélancolie a crû : son souvenir, mon chagrin et mes pensées on failli me tuer
- Tout seul, les larmes coulantes, j'ai appelé Satan et je lui ai dit
- Tu ne vois pas comme je suis maudit, mes paupières toutes irritées de pleurs et d'insomnies
- Si dans le coeur de mon amoureux tu ne jettes pas l'affection, je sais que tu le peux
- Alors je ne dirai plus de poésie, et je n'écouterai plus de chants. Et mes veines, l'iversse ne traversera plus.
- Le Coran j'étudierai, j'analyserai, et savant je deviendrai
- À la prière et au jeûne je me tiendrai, et le bien toute ma vie je suivrai
- Il ne s'est alors pas passé trois jours, que mon amoureux, mon pardon demandant, me revint en suppliant.

Page consacrée a Abu Nawas en français.

ps. Malheureusement on ne trouve pas beaucoup de ressources sur Abu Nawas dans le Web Arabe (contrairement à Al-Moutanabi par exemple) ! Probalement à cause d'un conservatisme qui a honte d'un certain passé libertin ?
  • jeudi le 04 mars 2004 à 18:49

Commentaires

Ermita a écrit le 02 mars 04 à 21:50 :
du fond de ma cabane au fond du bois, avec les etendues de neige a perte de vue, les grizzlis a gauche et les caribous a droite, lire du abu nawas c presque un anachronisme, une revanche sur le temps et l<espace, les deux sont immobiles dans ce lieu coupe du monde ou je me sens hors de toutes les dimensions connues!!
Ca m<a fait la mm chose quand j<ecoutais ma musique juive en mangeant une chakchouka ce midi!!

Houssein a écrit le 03 mars 04 à 02:53 :
Attention de ne pas te perdre dans les méandres de l'espace et du temps... La poésie nous fait justement voyager, au delà des frontières spatio-temporelles.
Chakchouka! miaaam!

coccinelle a écrit le 03 mars 04 à 08:36 :
Bonjour,
merci houssein pour ce poème ca me rappelle des souvenirs de secondaires. J'etais tres impressionnees par la poesie arabes. Ca fait des annees que je n'ai pas lu des poemes arabes. Moi j'etais surtout interessee par les poemes de ibn zaidoune et surtout surtout almoutanabbie.
Ermita, cette annee je me suis interessée à la culture juive et j'ai cherche sur internet des chansons juive mais j'ai pas trouve grand chose si tu peux me donner des titres, j'aime bien "havanagi" (excuses moi si je me suis trompee dans l'ecriture). Je compte aussi apprendre l'hebreu, mais c'est dur surtout que je suis pas douee en langue et j'ai pas le temps mais je me raccroche j'ai deja achete un livre.
Chakchouka, comme a dit houssein miaaaaaammmmmmm!!!!!!

Ermita a écrit le 03 mars 04 à 11:50 :
c hava nagila dont tu parls coccinelle!
essayes de chercher avec cette orho, tu vas surement la trouver!!

coccinelle a écrit le 04 mars 04 à 07:31 :
salut,
excuses moi houssein c'est encore pour une question a ermita . je voudrai juste savoir qu'est ce que ca veut dire ?
Thanks a vous deux.

Matoo a écrit le 04 mars 04 à 17:31 :
Et il y en a pourtant eu des libertins arabes !!! Surtout à cet âge d'or !
Pseudo-Toi-Même a écrit le 29 septembre 04 à 10:50 :
XXX
  • Houssein
  • à 17:55, mercredi le 27 septembre 2006 #
tarikinho
  • tarik
  • à 10:10, samedi le 13 octobre 2007 #

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