La Bleue à vomir
La campagne publicitaire du brasseur Labatt est vraiment géniale. Sérieusement, celui (ou celle) qui a eu cette idée de détourner la compagne électorale fédérale doit être un génie. Ou alors un (une) con (conne).Passé le sourire que procure le visionnement des spots de cette fausse vraie campagne, on ne peut s'empêcher de se poser des questions sur les limites de la manipulation publicitaire. Surtout quand le message marketing s'immisce et se confond aussi ouvertement avec le message politique. Et puis, ce n'est même pas drôle.
Ce qui est génial, c'est qu'ils n'ont pas fait les choses à moitié. Le site Web de la "campagne" en est la preuve. Un programme "politique" qui se résume en : Votez pour le fun, et buvez de la Labatt. Des affiches qui reprennent le même style et la même charte graphique qu'un parti local. Un candidat charismatique, au sourire abruti. Des spots télé qui sont supposés être drôles. Une tournée du Québec en bus s'il vous plait. Le grand jeu quoi!
Et bien je trouve tout cela vraiment dégoûtant. Non pas que je sois de ceux qui dédaignent l'humour en politique, loin de là. Mais que l'on ridiculise ainsi le système démocratique afin de vendre des bières, parce qu'au fond c'est de cela qu'il s'agit, c'est au dessus de ce que je peux supporter. Quand je pense que dans d'autres contrées les peuples se battent et meurent pour arracher un brin de démocratie et de liberté... C'est pathétique.
"Votez pour le fun. Qu'est-ce que ça veut dire ça, voter pour le fun? Pas prendre ça au sérieux?", questionne Claude Cossette, professeur en publicité sociale à l'Université Laval.
Plus qu'une simple infraction, plusieurs voient dans cette campagne un geste qui ridiculise le processus démocratique. Selon Claude Cossette, "Ça joue sur le plan humoristique, mais surtout, parce que ça crée une confusion entre ce parti qui n'existe pas, qui est un parti publicitaire et les véritables partis qui ne sont pas si connus que ça."[Radio Can]
Ce qui sur, c'est que Labatt a définitivement perdu un client (qui ne l'a que rarement été d'ailleurs).
Oui, ça ridiculise le vote mais, en plus, ça fait passer un messagepernicieux du style: "au moins, boire c'est le fun!" (par opposition auvote qui ne l'est pas) et "buvez donc au lieu de voter... au moins,c'est le fun".
Le taux de participation risque déjà d'être faible (au Québec dumoins, à cause de la date), alors si en plus le système estridiculisé...