Le riche et le pauvre

Vous habitez un village isolé au sommet d'une montagne inconnue. Par un heureux concours de circonstances, vous vous trouvez être très riche. Vous disposez de ressources tellement abondantes et intarissables que vous ne savez quoi en faire. Vous êtes d'ailleurs le seul villageois qui dispose de telles richesses. Il se trouve que tous vos voisins sont très pauvres, leurs taudis sont accolés à votre luxurieuse villa perchée au sommet de la montagne.

Vous avez naturellement peur qu'à force de misère et de faim, ils ne se révoltent et menacent votre statut fort envié. Vous décidez alors d'agir avant qu'ils ne passent à l'action. Vous prodiguez une généreuse aide à tous les villageois. Toutes les semaines vous leur accordez une aumône leur permettant juste de survivre, évitant ainsi de vous faire attaquer. Comme vous êtes le seul détenteur de biens, ils sont obligés de vous acheter leurs vivres. Vous récupérez ainsi vos dons plus quelques bénéfices, que vous leur redistribuez en début de chaque semaine.

Ainsi, l'homme riche que vous êtes maintient son statut et devient même de plus en plus riche, et les pauvres du village le restent à jamais, acculés à dépendre de votre paternelle générosité.

Extrapolons la métaphore. Notre village perdu est le monde. Notre homme riche est l'ensemble des pays développés. Nos villageois sont le reste du monde. Les biens sont les produits agricoles. Et appeleons l'ingénieux système mis en place : la mondialisation.

L'Europe et les États-unis subventionnent leurs agriculteurs depuis des décennies. Les prix des produits agricoles provenant des pays développés sont fortement subventionnés par les États. À cause de ces subventions, l'occident produit beaucoup plus de nourriture qu'il n'est jamais capable d'en consommer. Dans les années 80 et 90, les surplus étaient tout simplement détruits. Comme cela ne plaisait pas au contribuable, ni à une opinion internationale de plus en plus consciente des problèmes du tiers-monde, il fallait absolument trouver une solution.

La mondialisation. Il suffit de vendre les surplus aux pays pauvres. Aussi subventionnés qu'ils sont, les produits agricoles des pays riches coûtent bien moins cher que ceux produits en Afrique, en Asie et en Amérique du sud. Afin d'assurer la pérennité de ce commerce fort lucratif, les pays riches interdisent aux pays pauvres de subventionner leurs agriculteurs, ou d'imposer des tarifs douaniers aux importations agricoles.

Les pays riches quand à eux n'éliminent pas leurs barrières douanières imposées aux produits agricoles d'importation.

Et comme pour se donner bonne conscience, les pays riches prodiguent leurs généreuses et humanitaires aides aux pays dits en difficultés. Ils leur permettent ainsi de disposer des fonds nécessaires afin qu'ils puissent se procurer les produits de première nécessité qu'ils vont leur vendre.

Résultats : ne pouvant plus vendre leurs produits sur le marché local ni international, les agriculteurs des pays pauvres ferment boutique. Ces pays deviennent de plus en plus subordonnés aux pays riches, et finissent par perdre toute notion d'autonomie et d'indépendance. Les paysans du sud, morts de faim et sans sources de revenus, émigrent vers le nord. Les pays riches hermétisent leurs frontières. La tension monte. L'implosion est inévitable.

Produits agricoles: La FAO appelle à la baisse des subventions
Les subventions versées par les pays riches à leurs agriculteurs et les prix imposés par la grande distribution menacent la sécurité alimentaire des pays en développement (PED). C'est ce qu'a dénoncé le 15 février l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), dans un rapport intitulé "La situation des marchés des produits agricoles 2004".

Statistiques du FAO
Source : Rapport du FAO

ps. Cet article m'a été inspiré d'un reportage que j'ai vu sur RDI.
  • mardi le 22 février 2005 à 01:28

Commentaires

il n'y a pas de solution toute simple.

si on n'aide pas les agriculteurs dans les pays développés, ils vontdisparaître (qui accepterait de travailler à des rythmes infernaux pourpas grand chose ?), ce qui conduirait à un exode rural plus grand

inversement, si les agriculteurs dans les pays dévaforisés sontencouragés, on va avoir une déforestations et une exploitation des solsque la nature risque de ne pas supporter.

Donc avant de toucher à un paramètre, il faudrait voir toutes les conséquences.
Bien d'accord Adam. Toutefois, le problèmeest l'injustice mondiale qui fait que les pays riches ont le droit deprotéger leur agriculture, alors qu'ils obligent les pays pauvres àouvrir leurs marchés. Il y'a là un déséquilibre très dangereux.
  • Houssein
  • à 12:11, mardi le 22 février 2005 #
"La loi du plus fort a toujours été la meilleure"
L'agneau et le loup. Fable de La Fontaine

Les Etats-Unis ont toujours été visonnaire et calculent sur desdecennies. Les pays du tiers monde ne voit qu'aujourd'hui et le jourd'apres. Aucune planification au delà d'une semaine (j'exagère, jesais).
  • whispers
  • à 12:56, mardi le 22 février 2005 #
excellent article! Whispers je ne suis pasd'accord avec vous. Comment voulez vous que des pays du tiers mondesoient visionaires quand leurs créditeurs éxigent des resultats a courtterme? Je pense que même avec beaucoup de volonté le monde leur met desbatons dans les roues...
  • Carine
  • à 16:28, mardi le 22 février 2005 #
@whispers : c'est sûr, on risque pas d'êtrevisionnaire quant on est dans leurs situations... n'importe quoi. Quantaux Etats-Unies, sur 4 ans voir 8, ok, sur des decennies, cela me faitbeaucoup rire.
  • Le Raleur
  • à 06:32, mercredi le 23 février 2005 #
Pertinent aussi cet article... Il y aeffectivement injustice et inégalité dans le partage des richesses dumonde comme c'est dit... Les politiques du fmi et de la banque mondialevis a vis du tiers monde sont de bonnes illustrations de cet etat defait je pense.
Quand on sait aussi qu'en terme de flux reels ou financiers, larichesse dans le monde se deplace du Sud vers le Nord...... c'est àdire des pays pauvres vers les pays riches (!)..... il y a de kois'indigner.....
  • hchicha
  • à 14:59, mercredi le 23 février 2005 #
Je suis entièerement d'accord sur l'existence d'un abus c'est un fait, mais ...la suite tu l'auras bientôt ;)
  • Dasdous
  • à 08:34, jeudi le 24 février 2005 #
C'est clair que l'état des choses n'est pastrés encourageant pour l'avenir. En fait il n'y a qu'une seulesolution: l'amour des uns des autres !!!
  • Dieu C Moi
  • à 11:38, dimanche le 20 mars 2005 #
et à une plus petite échelle en franceaujourd'hui on est entrain de faciliter la fracture sociale et lapauvreté il faudra a terme l'éliminer comme on le fait en la mettant enprison
  • ADL
  • à 07:32, lundi le 21 mars 2005 #
slt moi c'est amy je veus faire votre connaissnce
  • amy
  • à 10:06, jeudi le 09 février 2006 #
aujourd'hui si ont ne fait pas attention.
dans 300 ans ont ira habiter sur Mars.
IL FAUT ARRETER DE POLUER .
  • De Gregorio charlotte
  • à 12:32, mardi le 18 avril 2006 #
QUEL BEAU ACTICLE!!!je suis tout ta fai d'accord avec cet contratation
  • STEPHY
  • à 05:25, vendredi le 05 mai 2006 #
Je suis d'accord avec l'article. Lesdétenteurs des plus grosses fortunes du monde se la coulent douce. Ilspourraient trés bien aider les pays du tier monde en particulierl'Afrique ou il y a le sida, aider les laboratoires. Ils ne font rienils ne s'inquieteront que lorsque la maladie sera a leur porte.
  • nat
  • à 13:03, mardi le 30 mai 2006 #

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