Existentialisme

Je suis existentialiste.
J'existe avant d'être. Je suis l'ensemble de mes actions et de mes propres choix. Je ne crois pas à la prédestination ni à l'essentialisme des êtres ni à la vérité absolue. Je crois en la différence et l'individualité, au libre arbitre et à la liberté de choisir. Toute identité ne peut être qu'individuelle.

Maintenant, je crois que j'existe parce qu'il ne pouvait en être autrement. L'humanité gagnerait à admettre qu'aucune raison ne justifie son existence. L'humain comprendra alors que ce qui est vraiment essentiel est ce qu'il fait et non ce qu'il est. D'ailleurs, ce qu'il fait est ce qu'il est, tout le reste est futile.
  • jeudi le 24 février 2005 à 17:26

Commentaires

Prie comme si tout dépendait de Dieu, agit comme si rien ne dépendait de Lui!
  • Nono
  • à 17:52, jeudi le 24 février 2005 #
C'est vraiment une bonne réflexion. Je merange depuis des années dans ton opinion. L'humanité essaie de trouverdes raisons pour tout : son existence, ses buts, sa mort, sur lehasard, la religion ou bien la fatalité.

En même temps c’est de là que naissent tous sujets de philosophie, etl’on a beau dire, c’est malgré tout intéressant de confronter cesdifférentes raisons, sans qu’il y est une vérité pré-établie.

As-tu lu Kierkegaard ? Car si tel n’est pas le cas, je te le conseille vivement. Lui aussi c’est un existentialiste.
  • Le Raleur
  • à 04:28, vendredi le 25 février 2005 #
réflexion digne d'un grand homme.
  • jaz
  • à 05:35, vendredi le 25 février 2005 #
Bravo !

Maintenant :

>>> Je ne crois pas à la prédestination (...)

En poussant plus loin la réflexion sur les processus de choix, commenten venir à une autre conclusion que ces choix ne sont souvent que desconstats ? Que cette impression de choisir n'est souvent rien de plusqu'une réponse mécanique au contexte dans lequel on se trouve ?

À partir du moment où un seul des facteurs qui influencent un choix esthors de contrôle de l'individu, peut-on parler à juste titre de librechoix ? Par exemple, on ne choisit pas son origine, son pays, safamille, son héritage psychologique. Or, ces facteurs influencentdirectement notre culture, notre façon de nous représenter les choses,et notre façon de participer à la vie. D'accord, ces influences ne sontpas nécessairement immuables ou essentielles, et il est effectivementpossible de reprendre le contrôle sur des parties de notre psyché quine nous appartenaient pas jusque-là, mais tant que l'exercice n'est pascomplété, peut-on parler à juste titre de libre arbitre ? Et sur quellebase peut-on affirmer que l'exercice est complété ? Et commentprétendre pouvoir prendre volontairement conscience d'un processusinconscient ?
En passant, on peut voir une profonde contradiction dans les termes "jesuis existentialiste", et "je ne crois pas (...) à l'essentialisme desêtres". Si les êtres n'ont pas d'essence, sur quelle base affirme-t-onqu'un être est ceci ou cela ? As-tu toujours été existentialiste oul'es-tu devenu ? As-tu choisi d'être existentialiste ou le constates-tu? Le seras-tu encore demain ?

Héhé. Lâches pas ! Le travail n'est pas futile mais les vérités glanéesne sont pas aussi significatives que les faussetés éliminées.L'objectif est la vision nue, ce qui ne signifie pas pour autant qu'iln'y ait rien à voir... ;o)
  • poligraf
  • à 11:12, vendredi le 25 février 2005 #
Houssein, hou-hou, comme c'est intéressant!Ça me touche particulièrement, à cause d'une attitude générale que tudéfends, proche de ce que j'ai toujours <em>senti</em>, etqui ne va pas, euh,… sans problème. Et puis ce que j'apprécie c'estqu'il y a des posts qui sont <em>moteurs</em> et d'autrespas. Le tien l'est. Alors c'est amusant de participer… en critiquant.Critiques adressées d'ailleurs autant à ta position qu'à toutes cesquestions non résolues qui pendent à la mienne. (Alors ne le prends pasmal, je puis tout aussi bien être dans le champ!)

Je crois que je comprends bien ton propos général. C'est dans les détails que les contradictions surgissent.

D'abord, on ne peut exister sans être. Le contraire est toutefoispossible. On peut <em>être</em> comme<em>sont</em> les choses, par exemple. Pour parlerd'existence, il faut faire intervenir la conscience. Tel est en toutcas la compréhension de la notion d'<em>existence</em>qu'ont toutes les philosophies dites<em>existentielles</em>.

Pas sûr de comprendre ton "je crois que j'existe parce qu'il ne pouvaiten être autrement." Ça semble contredire ton refus de laprédestination. Parce que si tu ne pouvais pas <em>ne pasêtre</em>, il s'ensuit qu'il y avait une essence d'être quiprécédait ton existence. Ça c'est grave (!) parce que techniquement,vois-tu, tu n'es plus un existentialiste! Mais si, par contre, tu veuxdire que TU ne pouvais faire autrement qu'exister, alors tu es en pleindedans: <em>l'être jeté</em>.

Quant à ton refus de la <em>vérité absolue</em>, vérité quiexisterait en dehors de l'humain, divine ou autre, et ton insistancesur le caractère individuel de l'identité, tu mets le doigt là sur lecœur du problème: l'impossibilité d'une éthique. Si, comme le disaitKierkegaard, la <em>vérité est subjective</em>, il s'ensuitqu'une vérité en vaut une autre et qu'on est en route pour un festivalde relativismes. Le solipsisme est en effet, depuis Descartes, leproblème central de toutes les philosophies du sujet.

Merci pour ton post.et bravo pour ton blog.

JP
  • JP
  • à 16:01, samedi le 26 février 2005 #
>>> Si, comme le disait Kierkegaard,la <em>vérité est subjective</em>, il s'ensuit qu'unevérité en vaut une autre et qu'on est en route pour un festival derelativismes.

Si on remplace plutôt par "l'expérience de la vérité est subjective",alors la possibilité de vérités objectives, divines ou autres, demeure.
  • poligraf
  • à 12:29, dimanche le 27 février 2005 #
"un grand homme"... ce Sartre!

"L'existence précède l'essence", dans tous les bons cours de Philosophie du Québec...

http://www.momes.net/dictio...
  • me
  • à 22:54, lundi le 28 février 2005 #
J'aime bcp cette réfléxion cela permet derelativisé sur notre dit "destin". En ce qui me concerne je pense qu'ilne faut pas trop ce demander d'ou l'on vient, l'importance est savoirou l'on veut aller, bref ce que l'on veut faire de son existence. Etparce que on n'en n'a qu'une (non je ne crois pas a la réincarnation!)il faut vivre maintenant comme qu'en en mourrant on aurrai aimé vivre.
  • Gaby
  • à 07:18, mercredi le 02 mars 2005 #

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