Système de santé, bis.

Re-débat autours de la question de l'assurance maladie au Québec. La décision de la Cours Suprême de permettre
à toute personne de souscrire à une assurance personnelle en vue de
recourir à des services de soins privés remet sur la table la question
épineuse de la nécessité de privatiser autant soit peu le système de
santé du Québec.

Je me suis déjà prononcé sur cette question,
il y'a plus de 2 ans, lorsque Mario Dumont en avait fait son cheval de
bataille lors des dernières élections. Si à l'époque j'avais exprimé
quelques réserves envers les propositions de l'ADQ, surtout par
méfiance envers un parti qui se veut néolibéral, je n'avais toujours
pas d'avis tranché et définitif sur la question.

Aujourd'hui, je me sens plus à l'aise avec l'idée de privatisation
partielle de la santé au Québec. D'abord, parce que depuis mon dernier
article sur le sujet j'ai eu à faire directement au système, et j'ai
saisi à mes dépens ce que signifie d'attendre plus de cinq mois pour
voir un spécialiste. Comparé à un système que je connais, la Tunisie,
où l'on paye ses 30 dinars (30 dollars) et qu'on voit le médecin tout
de suite, il y'a une différence de taille. J'ai décidé d'attendre mes
prochaines vacances pour consulter un spécialiste là-bas, et d'en
profiter par la même occasion pour effectuer un check-up général.
D'ailleurs, le système tunisien, "fortement inspiré" copie du le système français,
permet à tous de souscrire à des assurances privées, souvent
collectives, qui remboursent une bonne partie des frais de consultation
et de soins médicaux. Évidemment, les moins nantis, une bonne majorité,
ont accès presque gratuitement aux hôpitaux publics, et au
remboursement minimal de la part de l'État en cas de consultation dans
le privé. Il n'en reste pas moins que les hôpitaux et autres
dispensaires régionaux sont très achalandés, sans, à ce que je sache,
que les délais soient aussi démesurés que ce qu'on voit au Québec.

S'il est vrai qu'une pareille approche risque de générer un inévitable
système de santé à deux vitesses tant redouté par ses opposants, l'État
peut, et doit, par une législation adéquate en minimiser les effets
sociaux pervers. Les médecins seront par exemple obligés d'assurer un
service minimum dans le service public, minimisant ainsi les effets de
leur inévitable migration vers le privé.

Parce qu'il s'agit d'une situation déplorable, dont l'issue est vitale
pour le bien être de la population, le Québec doit absolument revoir et
adapter un système qui va de mal en pis. Le privé, s'il est strictement
bien encadré, pourrait apporter une partie de la solution.
  • vendredi le 10 juin 2005 à 17:32

Commentaires

Je ne crois pas que le privé soit lasolution. Il y a actuellement un criant manque d' argent et deressources dans le systême de santé québécois. La venue du privé n' ychangerais rien.

Je crois que la solution appartient à nos élus et non au tribunaux. Ilfaut changer la mentalité en place. Fini les économies de bouts dechandelles, il faut réinvestir de toutes urgences.
  • Thierry
  • à 18:17, vendredi le 10 juin 2005 #
Oui Thierry, l'État ne doit certainement passe soustraire à sa responsabilité de maintenir un service de santépublic efficace et gratuit. Il doit continuer à y investir, et à leréorganiser en vue d'une plus grande efficacité. C'est clair.
Toutefois, si le privé peut apporter une partie de la solution, surtoutà long terme, et qu'il soit bien encadré par la législation, alorspourquoi pas ?
  • Houssein
  • à 18:25, vendredi le 10 juin 2005 #
Personnellement (et je ne suis pas le seul),je pense que le gouvernement maintien "volontairement" uneaccessibilité limitée des soins santé (en limitant le nombre d'actesque chaque médecin peut réaliser par exemple). Pourquoi ? Simplementparce que si on permet les médecins de tourner à plein régime (certainsn'hésitant pas à faire du 70h/sem. comme en France), ça va couter unmax et adieu le budget à déficit zéro dont on est si fier.

Pour moi l'entrée du privé et la mise en place d'un système de ticketmodérateur comme tu en parles est inévitable. Après, les élus doiventfaire des choix conséquents et s'assurer que ça ne jouera pas contre lapopulation la plus faible.
  • Hoedic
  • à 14:25, samedi le 11 juin 2005 #
Juste un coup de gueule quand tu dis :

"D'ailleurs, le système tunisien, "fortement inspiré" copie du le système français..." !!!

Je ne supporte pas qu'on dise du n'importe quoi sur le système de santé ou d'enseignement tunisien :(

NE SOIS PAS INJUSTE. C'EST UNE REMARQUE SI PEU CONSTRUCTIVE POUR UNE PERSONNE QUI EN A BIEN PROFITE!!!
  • borhene
  • à 12:10, mercredi le 15 juin 2005 #
Sans m'attarder sur le système de santéfrançais avec ses assurances obligatoires inutiles de 20EUR/mois, samutu complementaire obligatoire de 100EUR/mois, ses specialistes (trèsdisponibles d'ailleurs) à 30EUR la visite ... comme tout tunisienimmigré en france "je décide toujours d'attendre mes prochainesvacances pour consulter un spécialiste là-bas et d'en profiter par lamême occasion pour effectuer un check-up général" c'est curieux, non?
  • borhene
  • à 12:31, mercredi le 15 juin 2005 #
@ borhene. ton commentaire dénote unpseudo-patriotisme à deux sous. du genre : "comment tu te permets decracher dans la gamelle après avoir mangé dedans".

d'autant plus que houssein n'a rien dit de faux. le système de santétunisien est fortement inspiré, s'il n'est pas copié sur le systèmefrançais (ticket modérateur et tutti quanti). comme un pan entier denos différents corpus législatifs. ce qui est d'ailleurs pas anormalpour une ex-colonie française. et quelque part il s'agit d'un apportimportant pour l'Etat tunisien post-colonial en pleine gestation.

par la suite les choses ont évolué, nos systèmes ont changé, ont été réformés et ont été empreint de nos particularismes locaux.

ensuite, sans défendre houssein, ta deuxième remarque est aussi malplacée que la première. car houssein n'a profité de rien. il asimplement bénéficié des prestations d'un système (de santé,éducatif...) qui a profité à TOUS les citoyens. et je ne sais pas pk ilest parti, mais d'autres sont partis et partent parce que le système neles a pas retenus, pire, il fait tout pour les faire fuir...
  • k-pax
  • à 18:38, jeudi le 16 juin 2005 #
... et puis, si bcp de tunisiens attendentleur vacances en tunisie pour passer le permis, aller chez le dentisteou effectuer un check-up général c tout simplement parce que chez nousça coûte moins cher et mine de rien les services de santé sont d'unequalité certaine (malgré toutes les critiques que nous leur adressons).d'ailleurs, ce n'est pas par hasard que des centaines d'anglais se fontopérer chez nous pour 3 fois rien convalescence comprise (ça a créé unnouveau créneau : le tourisme médical) alors que chez eux ils doiventrester jusqu'à 2 ans sur une liste d'attente en espérant que d'autrestombent malades pour rentabiliser l'opération à cause de cette mégèrede M. Tatcher qui a tout privatisé même le nucléaire !).
  • k-pax
  • à 18:43, jeudi le 16 juin 2005 #
un article intéressant sur le sujet paru dans Le Devoir. Le Mirage de l'hôpital privé : http://www.ledevoir.com/200...
  • k-pax
  • à 14:12, mercredi le 22 juin 2005 #
je ne conné pas l'assurance maladie du quebec ni de la tunisie,
maisj'ai bien peur que celui de la france dans quelques années s'ecroule etc'est les retraités de ce moment qui en souffriront car ils aurontpayés toutes leur vie sans être malade mais quand ils seront vieux lesas privés ne les assureront plus.
  • pierre chateau
  • à 12:11, jeudi le 23 juin 2005 #

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