Alliances, coalitions, et constitution

Disclaimer: Je suis membre actif du Congrès Pour la République (Al-Mottamar, CPR). Ce qui suit est mon opinion et analyse strictement personnelles, et ne sont en aucun cas ceux du parti dans lequel je milite. Je n’ai aucune information officielle à partager avec les lecteurs de ce qui suit.

Suite aux résultats préliminaires des élections tunisiennes, qui confirment une tendance que plusieurs avaient prévue depuis des semaines, le raz-de-marée, ou plutôt le tsunami du parti islamiste de droite Ennahdha, semble soulever plusieurs questions et inquiétudes que j’aimerais adresser une partie dans cette courte analyse. J’ai publié une petite analyse qui essaye d’expliquer la fulgurante victoire d’Ennahdha. Dans ce qui suit, je vais essayer d’expliquer pourquoi Ennahdha ne pourra pas faire ce qu’elle veut comme elle veut au sein de l’Assemblée Constituante (l’AC).

Avec plus ou moins de 40% des sièges au sein de l’AC, Ennahdha est la force politique la plus importante du pays. Représentant une droite conservatrice et religieuse, ce parti-mouvement enflamme les passions depuis des mois, et provoque chez les tunisiens des réactions allant de l’admiration et du culte jusqu’à la peur et le dégout. Cette crainte est justifiée à mon avis par un manque de culture politique naturel chez un peuple pour qui tout ceci est nouveau. Le changement fait peur, et c’est tout à fait naturel.

Je suis personnellement un farouche opposant aux idées véhiculées par Ennahdha. Je m’oppose de nature au conservatisme social sous toutes ses formes qu’il soit nationaliste, religieux, idéologique, ou culturel. La vision du parti islamiste ne me convient pas. Mais, je n’ai pas peur d’Ennahdha. Pour trois raisons :

D’abord parce qu’ils n’ont pas obtenu la majorité absolue (50% plus 1), et je suis convaincu qu’ils ne pourront l’obtenir dans un futur proche. Et comme ils représentent seuls la droite conservatrice et religieuse, ils seront toujours amenés à composer avec des partis du centre et de la gauche afin d’obtenir la majorité.

Ensuite, parce qu’il s’agit aujourd’hui d’une Constituante où aucun parti ne peut prétendre avoir la légitimité pour écrire seul un texte qui organisera les vies des tunisiens pour plusieurs générations. La responsabilité est trop lourde, et les Nahdhaouis le savent très bien.

Enfin, les chantiers en attente sont tellement complexes et compliqués, qu’Ennahdha n’a aucun intérêt à vouloir s’y attaquer toute seule. Politiquement, il est plus « safe » de partager le poids et la responsabilité avec d’autres. Ennahdha ne veut pas gouverner seule, ils l’ont déjà exprimé à sur plusieurs tribunes à qui voulait entendre.

Maintenant, pour être plus concret, j’aimerais expliquer le scénario le plus plausible des prochains mois, voire années.

Il faut d’abord bien comprendre que l’AC a été élue avec 2 mandats principaux et distincts : la lourde tâche d’écrire une nouvelle constitution, et celle non moins imposante de gouverner le pays.

Commençons par le gouvernement. Les trois premiers partis (Nahdha, CPR, et FDTL qui regroupent ensemble 70% des voix) ont tous exprimé leurs désirs de voir naitre un gouvernement d’unité nationale post-23 Octobre. Contrairement au PDP, au Pôle et à Afek, le Al-Mottamar et Ettakatol n’ont pas exprimé d’objections de principe à participer à un gouvernement de coalition (u d’unité, ou d’intérêt national) avec Ennahdha. Il me semble donc évident que ces trois partis formeront le prochain gouvernement. Selon ma lecture personnelle des déclarations des uns et des autres, Ennahdha viserait le premier ministère qui reviendrait probablement à son secrétaire général : Hammadi Jebali. Le poste de président de la république et celui non moins important de président de l’Assemblée reviendraient au FDTL et au CPR, à moins que l’on décide de placer deux personnalités indépendantes à ces deux postes clés, ce qui ne serait pas une mauvaise idée à mon sens.

On parle donc de coalition gouvernementale où les grands gagnants négocieraient et se partageraient les portefeuilles ministériels. La coalition pourrait être plus large, pour inclure quelques indépendants, et des personnalités indépendantes (des technocrates) pour diriger certains ministères et occuper des hauts postes dans l’administration, et peut-être même quelques élus des listes indépendantes de Hachmi Hamdi, même si je trouve cette dernière option fort improbable étant donné l’estime que portent les 3 grands partis à ce méprisable personnage.

Le gouvernement devra s’attaquer aux réformes et prendre les mesures urgentes nécessaires afin de remettre l’économie sur pieds, et relancer la machine. Les priorités feront l’objet de tractations, et la stratégie gouvernementale globale sera les résultats des rapports de force en présence. Dans ce domaine purement politique, tout est possible, mais je suis sûr que le pragmatisme et l’intérêt national vaincront. Ces 3 partis ont un long passé de coopération, se connaissent bien, et sauront trouver des terrains d’entente sur les questions de la gestion du pays. Je ne suis pas très inquiet sur la stabilité du pays à ce niveau.

Il y a donc ce gouvernement d’unité nationale d’un côté, et la Constitution de l’autre.

Alors, pour la Constitution, c’est une toute autre histoire. Ici c’est chacun pour soi. Il ne peut y avoir d’alliances ou de coalitions quant à la rédaction du texte fondateur de la nouvelle Tunisie. Il est suicidaire pour n’importe lequel des trois premiers partis de s’allier avec un autre pour imposer ensemble leurs choix sur le texte de la Constitution.

Voici comment je pense que ça se passera :

Dès le début des travaux, les thèmes de la Constitution seront définis : libertés, régime, justice, etc., et pour chaque thème, une commission formée d’élus sera formée et se penchera sur le texte. Chaque commission pourra bien sûr avoir recours à de l’aide externe (de l’extérieur des élus eux-mêmes) sous forme de conseillers et experts : juristes, économistes, sociologues, historiens, syndicalistes, etc., ainsi que des chercheurs et des recherchistes qui seront embauchés pour la cause.

Les commissions débattent et rédigent des propositions, qui seront validés ou invalidés par toute l’assemblée via un vote. La validation nécessiterait la majorité claire des 2/3 des élus (67% = 145 élus). Il est clair ici qu’aucun parti ne pourra imposer quoi que ce soit, et que les alliances n’ont aucun sens dans ce contexte. Les différentes forces en présence devront nécessairement arriver à un quasi-consensus sur chaque point du texte.

Voilà donc, sommairement comment à mon avis ça va se passer. On vient bien que le risque que Ennahdha arrive à imposer ses idées, que ce soit au niveau du gouvernement ou au niveau de la rédaction de la nouvelle Constitution.

Enfin, j,aimerais rappeler un point important que beaucoup semblent oublier : Ennahdha, ou le CPR, ou le FDTL ne détiennent pas le pouvoir, c’est nous le peuple qui détenons désormais le pouvoir, et c’est nous qui l’avons délégué à nos représentants provisoires.  Ce pouvoir nous le contrôlons par la pressions que nous pouvons exercer directement ou indirectement sur nos élus : pétitions, mobilisation, manifestations, sit-in, envoi de emails aux élus, appels direct des élus, médiatisation, etc.

Nous aussi devons apprendre à user de nos nouvelles libertés et de pouvoir retrouvé, pour que, s’ils dévient de la trajectoire que nous leurs avons tracée, ils sauront que nous serons là pour les ramener illico sur le bon chemin. Parce que nous n’attendrons pas 23 ans cette fois.

Pourquoi Ennahdha a gagné, et pourquoi ils ne gagneront plus aussi clairement

Disclaimer: Je suis membre actif du Congrès Pour la République (Al-Mottamar, CPR). Ce qui suit est mon opinion et analyse strictement personnelles, et ne sont en aucun cas ceux du parti dans lequel je milite. Je n’ai aucune information officielle à partager avec les lecteurs de ce qui suit.

Suite aux résultats préliminaires des élections tunisiennes, qui confirment une tendance que plusieurs avaient prévue depuis des semaines, le raz-de-marée, ou plutôt le tsunami du parti islamiste de droite Ennahdha, semble soulever plusieurs questions et inquiétudes que j’aimerais adresser une partie dans cette courte analyse. Je commence dans cet article par analyser la fulgurante victoire d’Ennahdha, et exposer ma vision du paysage politique tunisien des 10 prochaines années. J’adresserais la question du court terme dans un autre article.

D’abord les résultats. Ceux qui suivaient la scène politique tunisienne de près n’avaient aucun doute sur la victoire d’Ennahdha. Il faut d’abord comprendre qu’Ennahdha n’est pas un parti ordinaire : il s’agit plutôt d’un mouvement, ou une sorte alliance tacite entre plusieurs tendances à obédience islamiste. Toute la droite conservatrice et religieuse tunisienne se retrouve donc sous l’étendard d’un seul parti. Connaissant un peu la société tunisienne, je ne trouve aucunement étonnant qu’une base fixe de 30% des tunisiens aient voté pour ce parti. Ce chiffre semble être confirmé par la plupart des sondages pré-électoraux effectués depuis le mois de mars 2011.

De plus, le poids de la droite tunisienne ne diffère pas de celles qu’on observe dans d’autres sociétés démocratiques. Rien de bien extraordinaire ni étonnant jusqu’à là.

Alors, pourquoi Ennahdha a obtenu plus de 40% des voix ?

Mis à part les 30% des tunisiens qui représentent la base de l’électorat conservateur, qui votera fort probablement toujours à droite, il y a dans ces résultats ce qu’on pourrait appeler l’électorat flottant : 10% de ceux qui ont voté pour Ennahdha ont fait ce choix pendant la campagne, et pour beaucoup dans les deux dernières semaines avant le scrutin. Ces 10% sont des tunisiens centristes, pas forcément religieux ou politisés, mais des tunisiens qui ont eu peur. La peur a été provoquée par la stratégie désastreuse du PDP et du Pôle de se présenter comme seuls remparts contre la droite, ainsi que les tentatives boiteuses et maladroites de certains médias d’influencer le vote en voulant diaboliser Ennahdha de manières loin d’être subtiles.

Or, le résultat fût que certains tunisiens, que j’estime à ces 10%, a senti là une menace profonde à leurs liberté. Oui, certains tunisiens entrevoyaient, à tort ou à raison, dans le discours des forces se proclamant du progressisme et de la modernité, une menace à leur liberté de pratiquer, de porter le voile, de faire la prière, etc. En jouant sur le registre de la peur de l’autre, ces partis ont convaincu, indirectement, ces 10% à voter pour le parti qui, selon eux, va protéger leur droit à pratiquer leur religion.

Si mon raisonnement peut sembler simpliste, c’est qu’il l’est quelque part : il y a d’autres variables qui ont joué dans le choix d’Ennahdha, notamment la campagne extraordinaire qu’ils ont mené sur le terrain, et les méthodes, pas toujours orthodoxes qu’ils ont utilisé pour « convaincre ». Il n’en reste pas moins que je suis convaincu que ce 10% existe, et qu’ils ne voteront pas forcément à droite aux prochaines élections.

Il est à mon avis essentiel, et primordial, pour le parti centriste, le CPR, et de centre gauche, le FDTL, de gruger dans cet électorat flottant d’Ennahdha. En continuant d’éviter de jouer le jeu de la division et en évitant la politique de la peur, en ayant un discours modéré et proche du centre, ils seront sans doute capables de récupérer ces voix perdues. En plus des voix qu’ils récupèreront à la gauche du spectre (celles du PDP notamment), Al-Mottamar et Ettakatol pourront à mon avis jouer à pied d’égalité avec Ennahdha. Le paysage politique tunisien sera tripartite : composé de 3 grands partis qui couvriront la quasi-totalité du spectre : centre gauche (FDTL), centre (CPR), et droite (Nahdha). À mon avis, ces trois partis seront encore là les prochaines 10 à 20 ans, et se partageront le pouvoir à tours de scrutins législatifs et présidentiels. Ceci n’empêche évidemment pas l’existence d’autres partis, relativement minoritaires, tel le Pôle qui restera sans doute le représentant d’une certaine gauche, le POCT pour l’extrême gauche, et la droite libérale peut-être sous forme d’un nouveau parti issu de rescapés du PDP et peut-être de Afek.

Je dois de souligner qu’en plus du type de régime qui sera adopté (tout porte à croire que ce sera un régime mixte), le mode de scrutin qui sera choisi (1 tour vs. 2 tours, majoritaire vs. Proportionnels, etc.), et la loi de financement des partis qui sera adoptée (financement uniquement public avec ou sans limites sur dons privés),  influencera beaucoup la structure future du paysage politique tunisien.

La Constitution n’est pas une question technique

N’écrit pas une constitution qui veut. Rédiger la nouvelle constitution de la Tunisie est à la fois un acte politique et une affaire de techniciens. Les deux aspects se doivent de se compléter car il serait inconcevable que la constitution soit écrite par des politiciens seuls, ou des techniciens seuls.

Il y a des choix strictement politiques. Ainsi : la nature du régime : parlementaire, mixte, ou présidentiel; le parlement : monocaméral ou bicaméral; la séparation des pouvoirs : stricte ou confuse; le mode de scrutin : proportionnel ou majoritaire; la constitution : rigide ou souple; Le conseil supérieur de la magistrature : élargi ou limité à quelques juges; La Cour constitutionnelle : membres nommés par le président ou le parlement. Etc.

Tous ces points se retrouvent sous une forme ou une autre, avec des combinaisons différentes, dans les différentes constitutions de par le Monde et l’histoire. Or, techniquement, il n’y a pas de modèle idéal. Et les techniciens constitutionnalistes ne peuvent prétendre à écrire la meilleure constitution. Par meilleure j’entends celle qui saurait avoir l’approbation, même partielle, de la majorité des tunisiens (la majorité se définissant par 50% plus 1).

En effet, chacun des exemples que je viens de citer constitue un point de désaccords et de discorde potentiels entre les forces politiques qui seront présentes au sein de l’Assemblée. Il suffit de parcourir leurs programmes pour avoir un aperçu de ces divergences de vues. Le résultat final, à savoir le texte, ne sera donc, inévitablement, que la résultante des rapports de force et des intérêts et préoccupations de ces tendances politiques. Car, il faut bien saisir que la démocratie est ainsi faite : elle aboutit rarement à un résultat optimal au sens de l’utilité rationnelle, mais plutôt à celui le moins pire, ou pour paraphraser positivement : celui qui minimise l’insatisfaction générale. D’où l’importance ici de la politique, comme art du possible.

Ceci étant, à mon humble avis, un des enjeux principaux de l’Assemblée Constituante que les tunisiens sont appelés à élire le 23 octobre, sera celui de la participation indirecte de la société civile et des franges politisées et politiquement initiée du peuple tunisien, dans les débats qui vont entourer ces points de discordes politiques. Je crois que nous ne devons pas laisser nos élus monopoliser le débat à huis clos. Nous devrons nous mobiliser pour qu’on nous entende. Nous devrons exiger des comptes rendus réguliers et une transparence totale des tractations et des décisions prises. Ainsi, nous éviterons aux politiciens que nous aurons élus la tentation de se recroqueviller sur des positions partisanes où l’intérêt des générations futures passe au deuxième plan. Il est de notre devoir de jouer aux troubles fêtes et aux garde-fous.

Operation Justice For Tunisia: pour l’extradition de Belhassen Trabelsi

Je vous retranscrit ce courriel que j’ai recu de la part de l’Association des Tunisiens de QUÉbec, et que je soutiens totalement.

Chers Tunisiennes, Tunisiens et amis de la Tunisie,

Au nom de l’ATUQUE (Association des Tunisiens de QUÉbec), et dans le cadre de l’initiative Justice pour la Tunisie (Justice for Tunisia), nous nous permettons de communiquer avec vous afin de solliciter votre soutient et votre mobilisation pour que justice soit faite pour la Tunisie et l’ensemble du peuple tunisien et pour honorer la mémoire de ceux qui ont héroïquement donné leur sang pour prix de la liberté de notre pays.

En effet, nous avons tous suivi l’évolution du dossier du suspect “Belhassen Trabelsi”, réfugié depuis janvier 2011 au Canada, et nous avons vu que malgré les efforts fournis par la diplomatie tunisienne, le gouvernement canadien n’a malheureusement pas donné de suite satisfaisante, à ce jour.

Jusque là, les explication fournies nous paraissaient légitime et étaient justifiées par les procédures judiciaires canadiennes. Le Canada étant un pays de droit ayant une justice indépendante, nous ne pouvions contester cette décision et nous ne pouvions que regarder un présumé criminel jouir de sa pleine liberté et dépenser allègrement de l’argent jugé malacquis tout en nous maintenant à l’écart concernant les décisions judiciaires qui sont prises dans ce dossier et en agitant devant nos yeux le drapeau du respect de la vie privée et de la confidentialité des procédures dans ce cas précis d’affaires.

Mais aujourd’hui, c’est une mascarade et une humiliation, pour tout le peuple tunisien, à laquelle nous assistons. Le Canada refuse toujours d’extrader ce présumé criminel et présumé voleur “Belhassen Trabelsi” sous prétexte qu’il risque la torture, mais de l’autre côté, et dans des démarches exactement similaires, des criminels originaires de l’Afghanistan, de la République Démocratique du Congo, du Pérou, du Honduras et du Pakistan font l’objet de mandats de renvoi pan-canadiens, dont voici la preuve : http://www.cbsa-asfc.gc.ca/wc-cg/menu-fra.html

Refuser de livrer “Belhassen Trabelsi” est une insulte directe à la Tunisie, à son peuple, et à sa révolution, car le refus d’extrader le présumé criminel en invoquant le risque de torture de ce dernier ne tient plus la route. D’une part parce que certains parents du suspect (frères, soeurs, etc.) ont été jugés et n’ont pas évoqué ni torture ni mauvais traitement lors de leurs nombreuses ambiances, et, d’autres part parce que les pays cités plus haut ne sont nullement connus par leur démocratie et connaissent des abus flagrant concernant les droits de l’Homme. En quoi l’Afghanistan représente-il de meilleures garanties judiciaires que la Tunisie ?

La justice Tunisienne a entrepris des démarches contre les membres des deux familles Trabelsi et Ben ali, contre les symboles de l’ex-régime et même contre des personnes soupçonnées d’être impliquées directement dans les tueries du peuple tunisien telles que l’ex directeur de la garde présidentielle Ali Seriati, et tout se passe dans le respect total des droits de l’homme et des droits internationaux, comme peuvent en témoigner de nombreux articles de la presse internationale.

L’initiative “Justice Pour la Tunisie” vise à ce que les Tunisiens, et tous les peuples libres du monde, puissent juger et condamner les personnes dont l’inculpation est vérifiée et prononcée dans des affaires de détournement de fonds, de malversation…

Nous sommes aujourd’hui un peuple libre qui a la démocratie comme objectif ultime, cette démocratie et toute civilisation se bâtit, entre autres, sur le principe fondamental de la justice.
L’appel que nous lançons aujourd’hui à pour but de remettre à jour l’affaire Belhassen Trabelsi et son refuge au Canada, de sensibiliser l’opinion publique et aussi de vous informer qu’une pétition officielle sera lancée auprès des deux gouvernements Canadiens et Québécois pour laquelle nous solliciterons le plus grand nombre de signatures possibles.

Si vous voulez vous joindre à notre initiative, et tel est notre plus grand souhait, nous vous prions de nous écrire à l’adresse ci-dessous et de diffuser le message autour de vous, afin que nous vous tenions au courant des actions qui seront prises dans un futur très proche.
N’hésitez pas à nous fournir toute information concernant les potentielles poursuites judiciaires contre Belhassen Trabelsi et toute information pouvant être utile dans ce dossier.

Rendons hommage à notre Tunisie libre et à sa révolution,
Rendons justice à à ceux tombés sous le feu de la tyrannie.

Adresse mail : contact@atuque.com

La bête et les gesticulations de l’Instance

Aujourd’hui, je suis en colère. En colère de voir les gesticulations d’une instance supposée protéger la révolution et réaliser ses objectifs sacres. Cette même instance qui, il n’y a pas longtemps, déblatérait encore de pactes nationaux et de lois transitoires. Qu’en est-il de ce pacte justement? Qu’a t il apporte concrètement a notre révolution a part tout ce temps perdu dans un débats de sourds? Et la loi des partis, si chèrement payée en temps précieux, qu’en est-il? Ca a t il change quoi que ce soit, ou changera t elle quoi que ce soit d’ici le 23 Octobre ? A t on vraiment protégé notre révolution les 3 derniers mois ?

Pendant ce temps, on a laisse faire en connaissance de cause un système judiciaire corrompu jusqu’a la moelle et une police qui ne connait que la voix de la matraque et la langue de bois. Nous avons confie notre gouvernement et le pouvoir au système de la dictature, en fermant les yeux à moitie, et en espérant le mieux. C’est aussi et surtout la faute de cette instance qui n’a pas voulu entendre les appels de l’urgence : il faut reformer le système sécuritaire, il faut reformer la justice. Non, non, criaient-ils, tout va bien de ce cote, le pacte c’est plus important, le danger islamiste voyez-vous, les finances des partis et tout ca c’est plus important.

Voila, maintenant ils se réveillent, gesticulant comme devant le générique d’un film d’horreur qui les extorpe de leur torpeur. On vous a bien prévenu pourtant. Vous êtes des radicaux, trop bafouillaient-ils ! Et bien, Mesdames et Messieurs, en temps de révolution le radicalisme est la seule option. Arracher le régime et sa dictature de ses racines, d’un coup sec et sans pitié, ne pas laisser à la bête blessée le temps de reprendre ses forces et de contre-attaquer. Fallait l’achever tant qu’on avait la possibilité. J’espère que vous le comprenez maintenant, avant qu’il ne soit trop tard, si ca ne l’est déjà.

Liberté pour Samir Feriani

Je soutiens, sans aucune réserve, toutes les actions qui œuvrent pour la libération immédiate de Samir Feriani.
Cette révolution n’est pas aboutie, elle est en cours. Samir a voulu y participer en accomplissant son devoir de citoyen, dénonçant les abus et les exactions qu’il a constaté, impuissant, à son ministère. Au lieu d’être porté tel un héros, l’État illégitime et sa machine de l’intérieur qui ne tolèrent aucune critique, l’ont condamné a la poursuite judiciaire. Lynchons le témoin qu’ils criaient. Elle est belle la démocratie qu’on veut bâtir dans ce pays, n’est-ce pas !

Alors, oui, liberté pour Samir Feriani. Que les hommes et les femmes courageux de ce pays sachent qu’ils ne sont pas seuls et que nous les soutenons, même par un petit mot dans un blog, mais nous sommes avec vous, pour la liberté, pour la vérité.

L’impossibilité mathématique d’inscrire 7 millions de tunisiens sur les listes électorales, en 19 jours

Ce qui suit est une démonstration de la quasi-impossibilité d’inscrire tous les tunisiens en âge de voter (18 ans et plus) sur les listes électorales en 19 jours, tel que planifié par l’ISIE.

En effet, d’après Kamel Jandoubi, il y aurait 7,9 million d’électeurs potentiels. C’est ce qu’il a affirmé dans la conférence de presse tenue lundi le 11 juillet. Ces chiffres proviennent fort probablement des statistiques démographiques fournis par l’Institut National de Statistiques. On ne sait pas si ce chiffre tient compte des personnes qui n’ont pas droit au vote tel les militaires, juges, policiers, les prisonniers, ceux qui ont un dossier criminel, etc.

Supposons donc qu’en enlevant ces personnes de la liste, on devrait être pas très loin de 7 millions d’électeurs potentiels.

Maintenant la période d’inscription se déroule du 11 juillet au 2 aout. Ce qui fait 19 jours ouvrables, si on compte les samedis comme journées ouvertes aux inscriptions (à vérifier) et pas les dimanches. Chaque bureau sera ouvert a priori 10 heures par jour.

19 jours multiplié par 10 heures c’est 190 heures d’ouverture aux inscriptions pour chaque bureau.

Il y aurait en Tunisie 264 municipalités. Ajoutons à ce chiffre les consulats, et d’autres bureaux dans les « 3imada » etc. On peut supposer que le nombre de bureau ne dépasse pas les 600. J’ai entendu dire qu’il y aurait au fait 300 bureaux, mais je n’ai pas pu confirmer l’info sur le site de l’ISIE. Mais soyons optimistes et voyons grand : disons 600 bureaux.

Donc 190 heures d’ouverture par bureau, multiplié par 600 bureaux, ca fait en tout 114 000 heures pour enregistrer 7 millions de citoyens.

Pour arriver à enregistrer 7 millions en 114 milles heures, il faut inscrire 61 personnes par heure, et ce pour chaque bureau d’enregistrement. C’est-à-dire un peu plus d’une personne par minute pour chaque bureau. Et encore la, on est partis de l’hypothèse qu’il y aurait 600 bureau. Si on se base sur 300 bureaux, ca serait 122 personnes par heure, ou 2 personnes par minute pour chaque bureau.

On voit bien que a moins d’être des surhommes, c’est quasiment impossible, et que le rallongement de la période d’inscription sera inévitable. Éventuellement, je prévois que l’enregistrement sera possible le jour même de l’élection, su présentation de la carte d’identité.

Ceci dit, il est important a mon avis que l’ISIE nous informe chaque jour sur le nombre d’inscrits dans le bureau, pour qu’on ne soit pas surpris le 2 Aout par le résultat.

Mise à jour :
Plusieurs commentateurs m’ont fait remarquer que je n’ai pas tenu compte du nombre d’agents in scripteurs dans chaque bureau. Vrai. Mes résultats sont relatifs à la fréquence d’inscriptions par minute par bureau, et non pas du nombre d’inscriptions par minute par agent.

Soit. D’après les informations et les témoignages des personnes qui se sont rendus sur place, il semblerait qu’il y ait de 2 à 3 agents dans chaque bureau. Ce qui donnerait si on maintient l’hypothèse de 600 bureaux :
Une inscription toutes les 2 à 3 minutes par agent inscripteur.

À ce rythme, oui, il serait possible d’inscrire 7 millions de personnes en 19 jours, à condition que les inscriptions se fassent de manière continue sans aucune interruption, et qu’il y ait vraiment 600 ou plus bureaux ouverts.

Note : je n’ai pas tenu dans mes calculs des ratés techniques de lundi et mardi 11 et 12 juillet, qui ont empêché plusieurs personnes de s’inscrire.

Finalement, je tiens à préciser que je souhaite, comme tous les tunisiens, que cette opération réussisse, il en va du futur de notre pays et de nous tous.

Les partis politiques tunisiens sur Twitter

Un petit aperçu sur la présence des partis politiques tunisiens sur Twitter, en date du 20 juin 2011.

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1 @partipirate_tn Parti Pirate 2776 114
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4 @CPRTunisie CPR 718 1000
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10 @wifak_jomhouri Al Wifak 128 63
11 @PLTun PLT 124 12
12 @UPR_Tunisie UPR 93 282
13 @RepublicainTn Parti Républicain 76 18
14 @hezbalwatan Al Watan 13 271

ps. J’ai probablement oublie certains comptes de partis politiques. Merci de m’en faire part et je les ajouterais à la liste.