La bête et les gesticulations de l’Instance

Aujourd’hui, je suis en colère. En colère de voir les gesticulations d’une instance supposée protéger la révolution et réaliser ses objectifs sacres. Cette même instance qui, il n’y a pas longtemps, déblatérait encore de pactes nationaux et de lois transitoires. Qu’en est-il de ce pacte justement? Qu’a t il apporte concrètement a notre révolution a part tout ce temps perdu dans un débats de sourds? Et la loi des partis, si chèrement payée en temps précieux, qu’en est-il? Ca a t il change quoi que ce soit, ou changera t elle quoi que ce soit d’ici le 23 Octobre ? A t on vraiment protégé notre révolution les 3 derniers mois ?

Pendant ce temps, on a laisse faire en connaissance de cause un système judiciaire corrompu jusqu’a la moelle et une police qui ne connait que la voix de la matraque et la langue de bois. Nous avons confie notre gouvernement et le pouvoir au système de la dictature, en fermant les yeux à moitie, et en espérant le mieux. C’est aussi et surtout la faute de cette instance qui n’a pas voulu entendre les appels de l’urgence : il faut reformer le système sécuritaire, il faut reformer la justice. Non, non, criaient-ils, tout va bien de ce cote, le pacte c’est plus important, le danger islamiste voyez-vous, les finances des partis et tout ca c’est plus important.

Voila, maintenant ils se réveillent, gesticulant comme devant le générique d’un film d’horreur qui les extorpe de leur torpeur. On vous a bien prévenu pourtant. Vous êtes des radicaux, trop bafouillaient-ils ! Et bien, Mesdames et Messieurs, en temps de révolution le radicalisme est la seule option. Arracher le régime et sa dictature de ses racines, d’un coup sec et sans pitié, ne pas laisser à la bête blessée le temps de reprendre ses forces et de contre-attaquer. Fallait l’achever tant qu’on avait la possibilité. J’espère que vous le comprenez maintenant, avant qu’il ne soit trop tard, si ca ne l’est déjà.

Liberté pour Samir Feriani

Je soutiens, sans aucune réserve, toutes les actions qui œuvrent pour la libération immédiate de Samir Feriani.
Cette révolution n’est pas aboutie, elle est en cours. Samir a voulu y participer en accomplissant son devoir de citoyen, dénonçant les abus et les exactions qu’il a constaté, impuissant, à son ministère. Au lieu d’être porté tel un héros, l’État illégitime et sa machine de l’intérieur qui ne tolèrent aucune critique, l’ont condamné a la poursuite judiciaire. Lynchons le témoin qu’ils criaient. Elle est belle la démocratie qu’on veut bâtir dans ce pays, n’est-ce pas !

Alors, oui, liberté pour Samir Feriani. Que les hommes et les femmes courageux de ce pays sachent qu’ils ne sont pas seuls et que nous les soutenons, même par un petit mot dans un blog, mais nous sommes avec vous, pour la liberté, pour la vérité.

L’impossibilité mathématique d’inscrire 7 millions de tunisiens sur les listes électorales, en 19 jours

Ce qui suit est une démonstration de la quasi-impossibilité d’inscrire tous les tunisiens en âge de voter (18 ans et plus) sur les listes électorales en 19 jours, tel que planifié par l’ISIE.

En effet, d’après Kamel Jandoubi, il y aurait 7,9 million d’électeurs potentiels. C’est ce qu’il a affirmé dans la conférence de presse tenue lundi le 11 juillet. Ces chiffres proviennent fort probablement des statistiques démographiques fournis par l’Institut National de Statistiques. On ne sait pas si ce chiffre tient compte des personnes qui n’ont pas droit au vote tel les militaires, juges, policiers, les prisonniers, ceux qui ont un dossier criminel, etc.

Supposons donc qu’en enlevant ces personnes de la liste, on devrait être pas très loin de 7 millions d’électeurs potentiels.

Maintenant la période d’inscription se déroule du 11 juillet au 2 aout. Ce qui fait 19 jours ouvrables, si on compte les samedis comme journées ouvertes aux inscriptions (à vérifier) et pas les dimanches. Chaque bureau sera ouvert a priori 10 heures par jour.

19 jours multiplié par 10 heures c’est 190 heures d’ouverture aux inscriptions pour chaque bureau.

Il y aurait en Tunisie 264 municipalités. Ajoutons à ce chiffre les consulats, et d’autres bureaux dans les « 3imada » etc. On peut supposer que le nombre de bureau ne dépasse pas les 600. J’ai entendu dire qu’il y aurait au fait 300 bureaux, mais je n’ai pas pu confirmer l’info sur le site de l’ISIE. Mais soyons optimistes et voyons grand : disons 600 bureaux.

Donc 190 heures d’ouverture par bureau, multiplié par 600 bureaux, ca fait en tout 114 000 heures pour enregistrer 7 millions de citoyens.

Pour arriver à enregistrer 7 millions en 114 milles heures, il faut inscrire 61 personnes par heure, et ce pour chaque bureau d’enregistrement. C’est-à-dire un peu plus d’une personne par minute pour chaque bureau. Et encore la, on est partis de l’hypothèse qu’il y aurait 600 bureau. Si on se base sur 300 bureaux, ca serait 122 personnes par heure, ou 2 personnes par minute pour chaque bureau.

On voit bien que a moins d’être des surhommes, c’est quasiment impossible, et que le rallongement de la période d’inscription sera inévitable. Éventuellement, je prévois que l’enregistrement sera possible le jour même de l’élection, su présentation de la carte d’identité.

Ceci dit, il est important a mon avis que l’ISIE nous informe chaque jour sur le nombre d’inscrits dans le bureau, pour qu’on ne soit pas surpris le 2 Aout par le résultat.

Mise à jour :
Plusieurs commentateurs m’ont fait remarquer que je n’ai pas tenu compte du nombre d’agents in scripteurs dans chaque bureau. Vrai. Mes résultats sont relatifs à la fréquence d’inscriptions par minute par bureau, et non pas du nombre d’inscriptions par minute par agent.

Soit. D’après les informations et les témoignages des personnes qui se sont rendus sur place, il semblerait qu’il y ait de 2 à 3 agents dans chaque bureau. Ce qui donnerait si on maintient l’hypothèse de 600 bureaux :
Une inscription toutes les 2 à 3 minutes par agent inscripteur.

À ce rythme, oui, il serait possible d’inscrire 7 millions de personnes en 19 jours, à condition que les inscriptions se fassent de manière continue sans aucune interruption, et qu’il y ait vraiment 600 ou plus bureaux ouverts.

Note : je n’ai pas tenu dans mes calculs des ratés techniques de lundi et mardi 11 et 12 juillet, qui ont empêché plusieurs personnes de s’inscrire.

Finalement, je tiens à préciser que je souhaite, comme tous les tunisiens, que cette opération réussisse, il en va du futur de notre pays et de nous tous.

Les partis politiques tunisiens sur Twitter

Un petit aperçu sur la présence des partis politiques tunisiens sur Twitter, en date du 20 juin 2011.

Followers Tweets
1 @partipirate_tn Parti Pirate 2776 114
2 @Ettajdid_TN Ettajdid 1707 1100
3 @Afek_Tounes Afek 763 120
4 @CPRTunisie CPR 718 1000
5 @FDTL_Officiel FDTL 648 840
6 @PDP_Tunisie PDP 622 180
7 @NahdhaTunisie Ennahdha 459 154
8 @PSGTunisie PSG 163 140
9 @PJ_SD PJSD 126 69
10 @wifak_jomhouri Al Wifak 128 63
11 @PLTun PLT 124 12
12 @UPR_Tunisie UPR 93 282
13 @RepublicainTn Parti Républicain 76 18
14 @hezbalwatan Al Watan 13 271

ps. J’ai probablement oublie certains comptes de partis politiques. Merci de m’en faire part et je les ajouterais à la liste.

نترجاكم، لا تخذلونا

لا أشك لحظة واحدة في نزاهة وأمانة سي كمال الجندوبي. تاريخه يشهد له، ولكل أعضاء الهيئة المسؤولة على الإنتخابات. هم يريدون الخير للبلاد، لا شك في ذلك. لكن لا بد لنا من تحمل المسؤولية، من طرف الهيئة العليا التي تأخرت في إنجاز القانون، والحكومة التي ماطلت طويلاً قبل المصادقة على القانون الإنتخابي، وكل الأطراف التي شدتنا إلى الوراء بجدالاتها الجانبية العقيمة. كل هؤلاء مسؤلون. والشعب لن يسامحهم إن اضاعوا علينا فرصتنا التاريخية. اليوم مصيرنا بأيدينا، كل يوم يمر يزيد من خطر الرجوع إلى الوراء، وعودة الدكتاتورية، ونكسة الإقتصاد، والإنفلات الأمني، وكل ما يندرج عن غياب الشرعية والخوف من المجهول. فلتعملوا ليلاً نهاراً. إن إلتزم الأمر، أطلبو المساعدة من الخبرات والمنظمات العالمية، لا عار في ذلك. لكن نترجاكم، بروح من إستشهدو، بروح تونس، لا تخذلونا… لا تخذلونا!

La date des élections, pourquoi on en est là ?

Voici mon analyse personnelle (qui n’engage que ma personne) sur la question de l’éventuel report de la date des élections de la Constituante tunisienne.

1- Béji Caid Essebsi évoque la possibilité de reporter la date du 24 juillet, question de tester la réaction de l’opinion publique. Il dit a demi-mots que seul un Nahdha y sera gagnante (vous vous en rappelez n’est-ce pas?)

2- Tout le monde lui dit non, quasi-unanimité et refus catégorique de retarder la date de l’élection.

3- La haute instance finit par s’entendre sur le projet de loi, avec 2 semaines de retard sur l’échéance initiale. Le gouvernement fait trainer pendant plus de 2 semaines, en invoquant l’argument fallacieux de l’exclusion des RCDistes, etc. (Vous connaissez l’histoire).

4- La commission chargée de l’organisation et la supervision des élections est finalement formée, avec plus d’un mois de retard.

5- Entre-temps, le premier ministre invite les partis politique, pour leur signifier son attachement a la date du 24 juillet, et que la responsabilité incombe maintenant a la dite commission.

6- 2 jours plus tard, cette même commission nous dit que techniquement ils ne seront pas capable de tenir les élections dans 2 mois.

En gros, tout le monde se fait royalement avoir… Et je n’ai même pas évoqué les 2 mois perdus par le gouvernement Ghannouchi.

Classement des pages Facebook des partis politiques tunisiens

Just for fun, je me suis amusé à recenser le nombre d’abonnés et de fans des pages officiels des partis politiques tunisiens qui ont une présence sur Facebook. Je me suis basé sur la liste publiée par la page Facebook: 10 Millions de politiciens. Voici le résultat.

Parti politique Type Abonnés
Mouvement Ennahda Page 28399
Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT) Page 4966
Congrès pour la république (CPR) Page 4250
Parti démocrate progressiste (PDP) Page 2432
Parti Al Watan Page 1590
Mouvement Ettajdid Page 1405
Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL) Page 787
Parti populaire républicaine (PPR) Page 531
Parti des verts pour le progrès (PVP) Page 273
Parti de la concorde (Al Wifak) Page 217
Parti de la justice et de la liberté (PJL) Page 92
Mouvement des démocrates socialistes (MDS) Page 86
Parti de l’unité populaire (PUP) Page 79
Parti social du centre (PSC) Page 49

Tunisiens à l’étranger à l’instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la Révolution

Les membres du Conseil de l’instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la Révolution ont été officiellement dévoilés aujourd’hui. Une liste merveilleuse de 71 personnalités marquantes de l’ère de la résistance à la dictature.

Ça me fait chaud au cœur de les voir ainsi réunis, ceux-là mêmes qui il n’y a pas si longtemps étaient bâillonnés, censurés, réprouvés, diffamés, dénigrés, calomniés, vilipendés, dénoncés, accusés, inculpés, écroués, suppliciés dans la chair et tourmentés dans l’âme.  Quelle est délicieuse la revanche du temps et des peuples, même si, n’en doutons pas, toutes ces ardeurs mises ensemble risque de bouillonner l’atmosphère, très chaud. On s’entend, les résistants, les rebelles,  les révoltés, et les révolutionnaires insoumis à vie à la dictature, ce n’est pas des enfants de fanfare, c’est des combattants, combatifs et passionnés, des guerriers aguerris à l’art du verbe, de convaincus orgueilleux qui ne se laissent pas marcher sur le pied, pas plus hier qu’aujourd’hui. Souhaitons juste qu’il n’y aura pas trop de dégâts, il en va de notre salut. Je fais confiance à leur sens du patriotisme et de l’amour de la Patrie.

Passons.

Ce qui m’a réjouit le plus, disons, est de voir dans cette liste 2 représentants de la communauté Tunisienne à l’étranger. “Les organisations d’émigrés” comme le mentionne le communiqué de la TAP. Kamel Jendoubi et Mohamed Lakhdhar Lala.

Qui sont-ils ?

Mohamed Lakhdar LalaMohamed Lakhdar Lala est le délégué général de l’Association des Tunisiens de France (ATF). C’est militant de longue date pour les libertés. Il est, à ce que j’ai pu savoir, Il est, parait-il, résident en France.

Ah, et il est aussi membre du bureau politique du parti Ettajdid dont il a présidé le congrès en 2007. (Personne n’est parfait).

Kamel Jendoubi, lui, est plus visible et plus connu. Résident à Paris, il a une présence sur le Facebook, intervient sur Al Jazeera, et se fait interviewé un peu partoutInterdit d’entée au Maroc, il est aussi le président du Réseau euroméditerranéen des droits de l’Homme et cofondateur du Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie. Et plein d’autres choses. Exilé depuis 1994, il rentre en Tunisie en Janvier dernier.